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L’ESCADRON GUILLOTINE
Guillermo ARRIAGA

Traduit de l’espagnol (Mexique)
par François Gaudry

Éditions Phébus - 175 pages
Que se serait-il passé si on avait montré à Pancho Villa, révolutionnaire mexicain, comment se servir d’une guillotine ? Guillermo Arriaga imagine la suite et nous entraîne dans un tonique bain de sang.


De Guillermo Arriaga, nous savons peu de choses. Il est né en 1958, a écrit plusieurs romans et a écrit les scénarios de Gonzalez Innaritu : Amours chiennes et 21 grammes. Il ne s’est pas contenté d’écrire ces deux films, il les a également produits. Les éditions Phébus ont déjà publié Un doux parfum de mort en 2003. Il faut vraiment saluer cet éditeur qui, dans un panorama amorphe, continuent à effectuer un vrai travail de découverte.

Car L’escadron guillotine est effectivement une découverte. Celle d’un auteur capable de tenir l’histoire qu’il nous raconte et d’en faire une belle métaphore des temps modernes. Un auteur qui n’hésite pas à revisiter l’histoire de son pays pour offrir un nouveau visage à la révolution mexicaine des premières années du vingtième siècle.

Velasco est un inventeur. Il vient trouver Pancho Villa et lui présente l’objet qu’il a conçu : une guillotine mise à son service. Velasco est originaire de la grande bourgeoisie émancipée. Aussi est-il surpris quand Villa, conscient des possibilités qu’offre la guillotine (exécutions transformées en spectacles), décide de l’enrôler dans son combat.

Et Velasco deviendra un soldat de la révolution par amour du travail bien fait. Là où d’autres voient l’instrument d’une boucherie, Velasco couve sa guillotine d’un amour sans faille. Amour de l’artisan pour l’œuvre qu’il vient de créer, à la sueur de son front.

On retrouve ce goût mexicain de mêler la mort au quotidien, au trivial. Arriaga a le don de faire vivre ses personnages, de laisser le récit s’égarer en anecdotes apparemment secondaires mais qui l’éclairent différemment.

On peut éventuellement regretter une fin en forme de pirouette, mais, cela dit, on ne voit pas non plus vers quelle autre rive l’auteur aurait pu emmener ses personnages.

Basé sur le principe de l’uchronie (qu’est-ce qui se serait passé si…), ce court roman restitue formidablement ce que dut être la combat et la personnalité de Pancho Villa. Et il nous donne envie de lire beaucoup d’autres œuvres de Guillermo Arriaga.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Mai 2004
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