Un
thriller "archéologique" qui ne vous lâche
pas avant la dernière ligne : rare à ce niveau
de qualité.
"Au pied des monts grandioses du Khorasan, "là
où le soleil se lève", on distinguait le
Dasht-é-Kevir, le Grand Désert Salé, qui
avec le Dasht-é-Lut, le désert de Lut, un des
plus chauds du monde, couvre près de 400 000 km2 du plateau
central iranien". C'est là que se trouve une expédition
scientifique chargée de collecter des traces de mouvements
de populations à la fin du néolithique.
La mission, composée d'éminences grises aux talents
les plus variés, est coordonnée par Roman, "logisticien
(l'équivalent civil de l'intendance des armées)
et amateur passionné d'archéologie". Un soir
de tempête des sables, ils tombent sur des pierres bizarrement
alignées avec écriture inconnue : "Une écriture
inconnue ! Au carrefour de l'Asie et de l'Occident… Ca
va faire l'effet d'une bombe !". Devant de partir, ils
notent l'endroit et, au mépris de toute déontologie,
emportent un des blocs… Sur la route, lors d'un arrêt,
ils se font tirer dessus… Quelques kilomètres plus
loin, ils crèvent leurs pneus, victimes d'un sabotage
et pour finir la journée, lorsqu'ils arrivent au village
où ils doivent dormir, tous les habitants ont été
égorgés… Ce n'est que le début de
leurs ennuis.
En voilà du thriller mené à cent à
l'heure… Démarrant sur les chapeaux de roue, opaque
à souhait pour que le lecteur se demande, comme les protagonistes
: "Mais qui sont-ils et que veulent-ils ?". Angoissant,
surprenant, captivant, ce polar de Brigitte Aubert qui sort
de son univers habituel est rondement mené. On se fait
embarquer, on y croit (même si le dernier passage souterrain
mine un peu le tout), c'est du bel ouvrage, comme une céramique
de la fin de l'âge du bronze.