Ce
tout premier roman de Paul Auster mérite toute notre
attention, car il constitue non seulement une jolie réflexion
sur la vie et les relations familiales, mais aussi et surtout
parce qu'il est l'essence de son œuvre.
Dans la première partie de ce roman autobiographique,
Portrait of an invisible man, Paul Auster rend hommage à
son père, décédé contre toute attente
en 1979. Il décide de partir à la recherche de
cet homme avec qui il a vécu, mais qui, malgré
les années, est resté un étranger aux yeux
de son entourage, mais encore et surtout aux yeux de sa famille.
C'est en rangeant les affaires de son père et en voyageant
à travers ses différents souvenirs qu'il finira
par découvrir un lourd secret de famille. Un drame qui
expliquera bien des choses quant à l'attitude froide
et peu familière de son père.
Dans la deuxième partie de cet ouvrage, The book of memories,
la perspective glisse sur la perception de Paul Auster en tant
que fils, vers son rôle en tant que père.
Un récit philosophique qui fait beaucoup réfléchir,
où chaque mot suggère bien plus qu'il n'exprime
directement, basé sur les relations familiales, la solitude,
et la mort.
Ce premier roman de Paul Auster constitue en quelque sorte une
introduction à son œuvre. Il s'agit d'un monologue
constant où les thèmes principaux, en particulier
la solitude et la mort, seront récurrents dans ses autres
ouvrages.
Après avoir lu ce roman, on comprend beaucoup mieux pourquoi
Paul Auster est considéré comme le "plus
Européen des auteurs Américains".