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     LiVReS
 
L'AMOUR, SI CA VEUT DIRE QUELQUE CHOSE
 David BADDIEL
 
Traduit de l'anglais par Bernard Cohen
 
Balland - 459 pages
"L'amour, si ça veut dire quelque chose" est le titre du roman de David Baddiel. C’est aussi la réponse que fit le prince Charles, quand, à l’occasion de son mariage avec Lady Diana, on l’interrogea pour connaître ses sentiments et s’il s’agissait de bonheur.

Ce livre assez étonnant parce qu’il change du tout au tout après deux cents pages, commence de façon burlesque. Le jour de la mort de Lady Di, Vic Mullan regarde la télé comme la plupart de ses concitoyens. Vic souffre d’allergie au pollen et ses yeux sont rouges. Quand Emma, la femme de son meilleur ami, vient le voir, sous le choc de la mort de la princesse, elle confond allergie et émotion et elle couche avec lui car il lui semble qu’ils partagent la même émotion. Voilà le début d’un roman à trois personnages. Vous me direz : rien de plus banal que le mari, la femme, l’amant. Mais l’originalité de David Baddiel se trouve dans son style qui concilie humour et subtilité dans l’analyse des personnes et des sentiments. Tous les passages où les amants se découvrent et, où, insensiblement, ils deviennent amoureux l’un de l’autre, sont très bien dessinés. Vic, par exemple, a toujours été mal à l’aise à l’idée de passer la nuit avec une fille. Généralement, ce sont pour lui des perspectives d’insomnie. Mais avec Emma, les choses ont lieu de manière différente.

L’originalité de David Baddiel se situe aussi lorsqu’il modifie son récit et y introduit drame et gravité dans ce qui a été une plaisante comédie anglaise. Il a suffisamment de talent pour grimper de la comédie anglaise à la comédie humaine. De plus l’auteur joue avec nous, ne nous donne pas toutes les clés. Il sait instiller un suspense qui est celui des sentiments et ménager des retournements de situations, qui n’ont rien de gratuit.

En fait, cette chronique est assez frustrante. Je dois vous donner envie de lire ce livre, mais je ne peux rien vous dévoiler. Il me faut taire ces thèmes développés dans la deuxième partie du roman car le plaisir du lecteur ne doit pas être gâché par l’auteur de l’article révélant que le meurtrier n’est autre que tante Agatha. Donc, tel un hypnotiseur, je vous demande de me faire confiance et d’aller voir ce dont ce livre traite. Amour, mort et trahison. On dirait le titre d’un feuilleton du matin sur France 2. C’est bien mieux que ça !


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Avril 2002
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