IL ETAIT UN
PIANO NOIR…
Mémoires Interrompues
BARBARA
Le Livre de Poche - 189 pages
Si
je vous dis Barbara, vous pensez à qui ? À Barbara Gould
? À Barbara Cartland ? À votre voisine ? Bon, si je
vous dis, l’aigle noir, Göttingen, Une petite cantate,
cela vous éclaire un peu ?
Si votre culture musicale se limite aux émissions de télé
où l’on fabrique des stars à la chaîne,
si tout ce qui, musicalement, date d’avant les années
2000 relève pour vous de la préhistoire, si vous n’avez
de Barbara que le souvenir lointain d’une frêle chanteuse
toute de noir vêtue et à la prononciation hasardeuse,
il est encore temps de vous rattraper et de dépasser cette
image en allant à la rencontre d’une des figures marquantes
de la chanson française, dont nombre de chansons ont traversé
le temps et sont devenues des classiques.
Derrière la chanteuse, se cache une femme attachante et passionnée,
qui se livre ici avec simplicité, pudeur et sincérité.
Que ce soit à demi-mot ou franchement, elle évoque aussi
bien son parcours de chanteuse, avec ses galères, ses déceptions,
mais aussi ses joies immenses, que sa vie de femme souvent blessée
; son enfance marquée par la guerre, l’inceste, la solitude,
ses amours souvent contrariées, la maladie, mais sans jamais
verser dans le pathos ou le mélodrame.
On y découvre aussi une femme engagée, que ce soit dans
la lutte contre le sida ou les droits des femmes, bien éloignée
de l’image fragile et éthérée que l’on
peut avoir d’elle.
Si ces mémoires sont interrompues, c’est que Barbara
s’est éteinte avant d’avoir eu le temps de les
achever, et c’est là le seul regret que l’on peut
avoir ; on a le sentiment de mieux connaître l’artiste,
mais qu’elle aurait encore eu beaucoup à raconter. Reste
son œuvre, intimement liée à sa vie, que ce livre
donne envie de (re)découvrir.
"Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous"
chantait Barbara à son public. Il suffit de lire cette autobiographie
pour se rendre compte combien cette chanson colle parfaitement à
son interprète.