Pour
son entrée dans la Série Noire, Franz Bartelt
publie un roman (presque) parfait, seulement marqué par
une bizarrerie finale inattendue.
Prenez un homme qui n'a pas grand-chose, si ce n'est de bonnes
idées de gauche et de la culture. Mettez-le en présence
d'une femme, Karine pour la nommer, qui n'aime pas grand chose
si ce n'est le pognon. Imaginez que cet homme soit sans ressources
et qu'elle le mette dehors avec interdiction de revenir sans
pognon… Que fait notre homme ? Il va au bar. Et là…
et bien là, il tombe sur un "con" (c'est ainsi
qu'il l'appellera, quitte à revenir sur son surnom lorsqu'il
le connaîtra mieux), ivre et ne cessant de clamer qu'il
est plein de pognon. Notre homme a beau avoir des idées
de gauche, il va se laisser tenter et va suivre le "con"
bourré pour le délester de son pognon. Mais bien
évidemment, rien ne va se passer comme il le croyait.
Le jardin du bossu est un excellent huis clos. L'humour est
omniprésent, les personnages bien campés et le
style de Bartelt impeccable. Sans une petite bizarrerie de fin,
il n'y aurait rien à redire à ce polar qui marque
l'entrée de Franz Bartelt à la Série Noire,
mais pas dans le genre car son précédent roman,
Le grand bercail, pourtant publié dans "la Blanche"
aurait pu lui aussi figurer au catalogue de "la Noire".