En
ces temps de grippe aviaire, plongeons-nous dans le Poulailler de
Carlos Batista…
Fils d’immigrés portugais, le narrateur, enfant, n’a
qu’une seule passion : les poules. Malmené par un père
violent, rejeté par ses instituteurs et ses camarades, il se
réfugie dans le poulailler. Là, il couve les œufs
de sa poule préférée, Lili, et exerce sa cruauté
sur les autres.
Quelques années plus tard, on le retrouve dans une cage d’escalier,
attendant de visiter un appartement rue du Coq. L’âge
adulte n’a pas effacé ses souffrances : "Exclu et
amoindri, je me sentais trente pour cent portugais, quarante-cinq
pour cent français, avec un déficit d’être
de vingt-cinq pour cent." Le poussin est devenu un coq malade,
tourmenté, qui n’arrive toujours pas à trouver
sa place dans la basse-cour. Il ne trouve plus refuge dans son poulailler
mais dans l’alcool et s’invente une autre vie.
À travers l’histoire de cet homme - mais est-il vraiment
encore homme ? - Carlos Batista nous offre une vision de l’immigration
portugaise en France. Un roman insolite, très bien écrit,
sombre et touchant. On y perd volontiers quelques plumes…