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ESPECES
EN DANGER
Louis BAYARD
Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Christine Barbaste
10/18 - 336 pages |
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Vouloir
un enfant quand on est homosexuel, c’est un besoin normal
et une drôle de tragédie. Un roman profondément
humain d’un auteur dont c’est la première
traduction en français.
Espèces en danger est le premier roman traduit en France
de Louis Bayard, journaliste américain vivant à
Washington et travaillant pour le New York Times et le Washington
Post. Il s’agit d’un inédit publié
directement dans la collection de poche 10/18.
Espèces en danger est effectivement une bonne pioche,
un roman que l’on lit d’un trait, se sentant en
empathie avec le personnage principal Nick Broome et ses démêlés
existentiels divers. Une partie du plaisir vient de l’atmosphère,
mélange de Sex and the city ou de Six feet under, ces
séries qui ont renouvelé notre regard sur la société
US et nous ont appris à rire et compatir des souffrances
d’autrui.
"Lorsque vous vous faites éconduire pour la troisième
fois par une banque du sperme, c’est signe que votre vie
telle qu’elle est demande à être sérieusement
reconsidérée."
Ainsi débutent les déboires de Nick Broome, un
trentenaire homosexuel travaillant à Washington. Nick
constate que sa famille ne rajeunit pas et qu’elle se
recroqueville sur elle-même. Obsédé par
l’idée de ramener le bonheur parmi les siens, Nick
décide de "faire" un enfant. S’il arrive
à avoir une descendance avant le prochain Thanksgiving,
c’est sûr, les siens iront mieux et un souffle nouveau
de vie illuminera le cercle familial.
Seulement voilà, avoir un enfant, quand on ne souhaite
pas le faire par les voies habituelles, cela s’apparente
à la fois à un chemin de croix et à une
comédie de plus en plus bouffonne, voire noire.
Et Nick va rencontrer tout un tas de personnages plus ou moins
fous, plus ou moins largués par le rêve américain.
Il rencontrera même son âme sœur, au cours
de ce voyage initiatique au cœur de la paternité
par procuration.
Petit frère d’Armistead
Maupin ou Stephen
McCaulay, Louis Bayard réussit son coup. Il nous
fait rire autant qu’il nous émeut. Et, une fois
le livre refermé, nous comprenons davantage, mine de
rien, l’implication des familles homo parentales.
Que l’on soit blanc, jaune, bleu, quelle que soit notre
confession, n’avons nous pas à un moment ou un
autre de notre existence, l’envie profonde d’avoir
un enfant ?
Louis Bayard a écrit deux autres romans et s’ils
sont aussi plaisants que celui-ci, il nous tarde de les lire.
Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Juin 2005 |
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