Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Gérard de Chergé
Rivages - 353 pages
26
ans après, retour sur un double meurtre non élucidé.
L'occasion pour William Bayer de faire étalage de son
savoir-faire et de son talent dans un excellent polar.
Depuis qu'il est parti faire ses études supérieures,
David Weiss n'a pas remis les pieds dans sa ville natale. A
presque la quarantaine, il y revient pour couvrir un procès.
Weiss est dessinateur judiciaire, une pointure dans son genre,
qui n'a pas son pareil pour croquer un juge, une ambiance. Mais
ce qui a motivé Weiss à venir n'est pas ce procès,
mais une affaire non élucidée qui s'est déroulée
26 ans plus tôt lorsqu'il était gamin : Barbara
Fulraine, riche et somptueuse divorcée et son amant,
un prof du collège, ont été abattus dans
une chambre sordide du motel local. Qui est le meurtrier ? "L'officiel"
de Barbara, un gangster notoire ? Son mari, qui était
en pleine procédure pour récupérer leurs
deux fils ? Un autre ? Cette affaire hante Weiss, surtout qu'il
en connaît quelques ressorts : son père, qui s'est
suicidé cinq ans après ce meurtre, était
le psychanalyste de Barbara, et il a gardé tout son dossier…
Aidé par un flic dont cette affaire est aussi l'obsession,
Weiss va tenter de résoudre ce mystère qui lui
tient à cœur depuis si longtemps.
"Vois-tu, j'ai cru pendant des années, et je crois
encore, que tout ce qui s'est passé - la rupture de mes
parents, le suicide de papa, le fait que je porte aujourd'hui
un nom différent de celui que j'avais à la naissance
- avait un rapport, lointain ou direct, avec cette femme étrange
dont je veux comprendre la vie et la mort : Barbara Fulraine,
la victime du meurtre."
Excellent. Voici un adjectif qui convient parfaitement à
ce nouveau polar de William Bayer. A travers différentes
voix (rapport de police, journal du psychiatre, journal intime
de la victime…), William Bayer dresse le portrait de cette
femme énigmatique et emmène le lecteur sur ses
traces et celles de son meurtrier. Tout est méthodiquement
construit, l'histoire maîtrisée (on aurait pu se
passer de la romance avec la journaliste, mais visiblement c'est
une marque de fabrique de l'auteur), le rythme s'accélère
à dessein… Il n'y a rien à redire.