Un
formidable roman de Tonino Benacquista qui confirme, avec Malavita,
qu'il est bien l'un des meilleurs conteurs de sa génération.
"Les Blake sont apparemment, une famille comme les autres.
Mais une chose est sûre, s'ils emménagent dans
votre quartier, fuyez sans vous retourner..." La quatrième
de couverture du dernier roman de Tonino Benacquista ne saurait
être plus claire sur les risques encourus à vivre
à proximité de Fred, Maggie (les parents), Belle
et Warren (les enfants), américains d'origine, et installés
pour d'obscures raisons à Cholong-sur-Avre, en Normandie.
Pas si obscures que ça, d'ailleurs, les raisons, puisque
le décor est planté d'entrée : le vrai
nom de Fred Blake est Manzoni et s'il a quitté Newark
pour l'Europe, c'est qu'il est le plus célèbre
repenti de la Mafia américaine et que le FBI le cache
et le protège de la vengeance de Don Mimino, le vénérable
parrain qu'il a envoyé derrière les barreaux pour
plusieurs siècles.
Personnages truculents, anecdotes comme s'il en pleuvait, style
totalement maîtrisé, Tonino Benacquista confirme
avec Malavita qu'il est bien devenu un des meilleurs raconteurs
d'histoires actuel. Entièrement au service du plaisir
du lecteur, il multiplie les situations drôles et les
rebondissements inattendus, il donne une belle épaisseur
à ses personnages et termine par un feu d'artifice réjouissant
dont on a envie de le remercier chaleureusement.
Autant de qualités qui, irrésistiblement, évoquent
pour le lecteur les grandes heures du Daniel Pennac qui nous
donnait tant de joie avec les premières "mésaventures"
de Benjamin Malaussène, du Daniel Pennac enthousiaste
et inventif qui ne ménageait ni sa peine ni notre bonheur.