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LE NOUVEL HOLLYWOOD
Peter BISKIND

Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Alexandra Peyre

Le Cherche Midi - 513 pages
À la fin des années 60, deux films révolutionnent Hollywood, à la fois par leur contenu, leur forme et la manière dont ils sont produits. D’abord Bonnie and Clyde d’Arthur Penn, puis Easy Rider de Dennis Hopper. Ces films, produits à un moment où la société bouge et où Hollywood s’avachit, permettent à toute une génération d’émerger et de prendre le pouvoir. On cesse de réaliser des films autour des comédiens pour promouvoir la vision d’un metteur en scène. Qui sont les héros de cette aventure : Bob Rafelson, Francis Ford Coppola, Georges Lucas, Robert Altman, Warren Beatty, Steven Spielberg, Martin Scorsese et quelques autres.

Voilà ce que raconte Peter Biskind dans Le nouvel Hollywood, paru aux éditions du Cherche-Midi. Peter Biskind a été rédacteur en chef du Première américain. Il a réalisé une enquête qui a les qualités et les défauts des bouquins publiés aux Etats-Unis : une enquête pointue et minutieuse, une somme d’anecdotes, mais parfois les choses vues par le petit bout de la lorgnette.

Selon Biskind, cette génération arrivée au pouvoir et au succès a tout gâché et, ce, pour des raisons différentes. Un Coppola après Le Parrain 1 et 2 avait le monde à ses pieds. Se revendiquant artiste, il s’est lancé dans des projets pharaoniques connus pour l’explosion de leurs budgets : Apocalypse Now ou Cotton club. Ce système marche à condition de connaître un succès permanent, et il suffit d’un bide pour plonger dans les dettes. D’autre part, Coppola s’est rêvé Nabab et a voulu diriger un studio. Mêmes causes, mêmes problèmes. Un producteur ne peut pas se permettre de dépenser sans compter.

À l’opposé, un Spielberg a agi en précurseur. Il a amené le cinéma dans l’état un peu débile qui est le sien aujourd’hui. A savoir : le lancement massif lors de la sortie d’un film, les grosses machines au détriment du cinéma d’auteur. Un George Lucas a été également précurseur, qui a initié l’idée des séries. Désormais, Hollywood lance un film et, si ce film marche, nous avons droit aux resucées numéro 2, 3...

Au fond le problème de cette génération cinéphile éprise de cinéma européen (admiratrice de Renoir, Truffaut ou Fellini) est de s’être dispersée et d’être hétérogène. Imaginez Truffaut et Luc Besson ayant le même âge et des ambitions différentes. Qui, d’après vous, obtiendrait davantage de réussite que l’autre ?

L’intérêt principal de ce livre ? Il dresse un formidable portrait de groupe et nous fait réfléchir sur les réussites et les échecs d’une génération.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Décembre 2002
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