RENDEZ-VOUS
RATE
L’idée lumineuse du premier roman de Jean-Philippe
Blondel s’est affaiblie et ne réussit pas à
éclairer cette nouvelle construction kaléidoscopique.
Jean-Philippe Blondel avait écrit Accès direct
à la plage, un remarquable roman court où une
histoire naissait des bribes de vies qu’il nous faisait
découvrir par une succession de petits tableaux, de personnages
s’exprimant à la première personne. Un livre
plein d’humanité où, à chaque page,
l’atmosphère des vacances de bord de mer devenait
plus prégnante.
1979 est dans la même veine. Un mur a été
tagué d’un "1979" rouge, et cela va remuer
le petit monde du quartier. De flash en flash, les personnages
nous découvrent leurs tourments, suscités par
quatre chiffres.
C’est intéressant, bien sûr, il y a une vérité
qui doit être révélée, puis d’autres
vérités encore, chacun a son jardin secret lié
à cette année. Mais on ne retrouve ni la spontanéité,
ni la justesse, ni le naturel du premier livre. Peut-être
s'était-on plus facilement projeté dans la tête
des estivants attirés par le bord de mer que dans celle
d’un habitant lambda d’une banlieue quelconque.
Peut-être. Il semble cependant que le style est aussi
plus "banlieue", que les images sont plus convenues,
moins crédibles aussi et que l’imbrication même
des histoires individuelles engendre une intrigue plus terne,
moins intelligente.
1979 se lit vite, vous pouvez vous laisser tenter, mais attention
au troisième livre, souhaitons que Jean-Philippe Blondel
n’ait pas érigé sa bonne idée en
système.