DROIT
AU BUT
Inspiré d’un fait divers sanglant survenu à
Marseille dans les années 70, G. M. Bon livre un bon
polar dense et tortueux à souhait.
"Le drame du Bar de la Poste, qui avait fait dix morts
en 1978 à Marseille, était le plus grand massacre
de sang-froid jamais commis en France. Une affaire comme on
n’en fait plus, nimbée de mystère et d'une
terrible noirceur". Quinze ans après, Dino Emmanuelli,
journaliste, tentait de mettre fin au manuscrit de livre qu'il
rédigeait sur l'affaire lorsqu'il fut abattu en bas de
chez lui…
Coïncidence ou non, on peut se poser la question à
la lecture du texte d'Emmanuelli qui disait : "Jamais un
dossier criminel n'aura été environné d'autant
de décès inexplicables, sans rapports forcément
directs les uns avec les autres, mais tous liés en revanche
au "contexte" de l'enquête".
L'inspecteur Cavalier va descendre à Marseille pour une
enquête qui ne sera pas facile car, comme le pensait le
journaliste : "au nom de la raison d'Etat, la plupart des
institutions du pays s'étaient liguées pour que
la vérité reste enfouie au fond d'un puits d'oubli."
Ecrit dans un style sec, concis et efficace, ce roman mène
l'enquête avec minutie. Inspiré d'une tuerie ayant
défrayé la chronique du Marseille des années
70, cet excellent polar brille par son ambiance et la densité
de ses personnages, qui sont servis par une intrigue cossue
à souhait.