Après
Marseille, Toulouse pour ce deuxième roman de G.M. Bon
qui, à nouveau, montre toutes ses qualités de
narrateur et d'enquêteur dans une ville sous les feux
de l'actualité.
"Mal à l'aise sur son siège, l'inspecteur
s'attendait à un refus, mais son chef céda : d'accord
pour Toulouse, si cela vous inspire pour votre enquête
parisienne, mais pas de vagues. C'était du Gracq tout
craché. Il aimait les flics durs et il aimait les flics
qui lui ramenaient du gibier. En fin de compte, pensa Cavalier,
lie des hommes sans affinité ou sympathie particulières
par des fils secrets qui vont bien au-delà de la solidarité
des corps. Car ces hommes-là ne sont plus des policiers,
mais des chasseurs."
Peinant sur une affaire de tueur en série, Cavalier "bon
enquêteur, intuitif et opiniâtre, mais trop brouillon
et intellectuel - sous-entendu de gauche - pour espérer
une promotion", descend à Toulouse où une
affaire similaire a été bouclée. Cavalier
pense arriver à en tirer quelques éléments
pour y voir plus clair… Mais à Toulouse, entre
les confessions/rétractations des prostituées,
la mayonnaise montée par la presse et quelques morts
inexpliquées, on n'y voit guère plus clair…
Ce second roman de G.M. Bon est aussi bon que le premier, Toulouse
y est peut-être un peu trop présente, mais qu'importe…
Usant de la fiction pour explorer les affaires qui ont défrayé
la chronique, l'auteur nous embarque dans les sombres recoins
des derniers remous toulousains, c'est clair, net et précis…
Bravo.