"Je
n'envisageais plus du tout de faire appel à l'exequatur, ni
même de demander à mon avocate de renouer le dialogue
avec Pignon, Mondinvest, Koman et les juges. Tous aussi pourris qu'ils
étaient, ils pouvaient se battre pour me saisir mon appartement
et vider mon compte en banque… Je ne me souciais plus du devenir
de mon procès. D'ailleurs, je n'étais ni juriste ni
politicien ni homme d'affaires, je n'étais qu'un écrivain,
et comme le dit le proverbe, "quand on veut tailler le bois à
la place d'un charpentier, il est inévitable de se blesser
les mains". Je ne vaincrai jamais Pignon ni Mondinvest sur leur
terrain en les affrontant dans un prétoire. Ma cause était
entendue d'avance, alors je rendrais moi-même la justice. Je
ferai ce qu'on attendait de moi, ce que j'étais censé
déjà avoir fait au moins une fois en tant que condamné
: enfreindre la loi. Je le referais. Et je suivrais les préceptes
de la Bible, j'obéirai à la loi divine du Deutéronome
: "Vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main
pour main, pied pour pied". Cette loi du talion était
aussi vieille que l'humanité, et elle avait survécu
à l'épreuve du temps. Elle était équitable,
elle devait être juste. Je m'en persuadais."
Luc H., journaliste, reçoit un jour une lettre recommandée
lui demandant de payer les quelque 175 000 euros pour un procès
perdu dont il n'est même pas au courant ! L'affaire remonte
à plus de 20 ans, un reportage sur un pédophile qu'il
connaissait bien à l'époque et qu'il avait photographié
pour son article… Le journaliste se retrouve dans une situation
inextricable, broyé par une machine judiciaire absconse…
Une succession malheureuse d'éléments va complètement
bouleverser sa vie.
L'auteur bien connu de Dans la peau d'un chinois, se plonge dans le
polar pour notre plus grand bonheur. L'idée de départ
est très bien trouvée, le livre bien mené et
la fin, dans le taxi, sacrément puissante. Bref un bref roman
de 200 pages qui ne laisse pas indifférent et qui fait espérer
que l'homme poursuivra de temps en temps dans cette veine.