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     LiVReS
 
LES MANUSCRITS DE BRASSENS
 Présentés par Alain POULANGES
et André TILLIEU

 Textuel - 320 pages
Lui, qui fustigeait les "trompettes de la renommée", doit se retourner dans sa tombe avec vue. La liste des ouvrages parus sur Georges Brassens à l’occasion de l’anniversaire de sa mort est en effet étourdissante. Pas une maison d’édition qui n’ait commis une biographie, ou un témoignage sur Tonton Georges. Le moindre codicille de son testament (le vrai, pas l’autre) est reproduit, et la moindre personnalité l’ayant entrevu y va de sa petite larme. Le pire étant certainement Brassens de A à Z, un inventaire (malheureusement pas à la Prévert) de tous les mots et personnes étant apparus ne serait-ce qu’un instant dans la vie de Brassens.

Lassée de lire à quel point Georges était un copain épatant – il est peu probable, que je fasse un jour partie du cénacle de ses amis, du moins dans ce monde - je me tournai vers ses écrits, l’Oeuvre (avec un grand E dans l’eau) m’intéressant plus que l’homme. Et là, en revanche, la plus grande pénurie est de rigueur : pas un recueil de ses poèmes, pas un roman (eh oui, il fut aussi écrivain) à me mettre sous la dent dans toute la FNAC de Vélizy 2.
Enfin, au détour d’un rayon, je tombai sur la perle rare : le recueil des manuscrits de Brassens, en trois volumes. Je m’y plongeai avec délectation.

Si le premier volume est un peu décevant : il s’agit de la transcription de ses chansons à la main, d’une écriture scolaire et appliquée, le deuxième, Brouillons et inédits, en revanche, est une mine d’or : chansons jamais enregistrées, versions jetées au panier (et pourtant si riches…), essais avortés : de quoi réjouir tout Brassensophile non-lecteur de Gala (les autres peuvent se contenter de l’édition spéciale du Télérama).

Le troisième volume, Transcriptions et commentaires présente l’intégrale des chansons (tapées, cette fois) ainsi que leur biographie : le contexte dans lequel elles sont nées, leur cheminement, ou leur symbolique profonde. On y apprend, entre autres, que Brassens a mis 12 ans à finaliser La supplique : il n’aimait pas le mot "pédalo" du dernier couplet…

L’édition, dirigée par Alain Poulanges et André Tillieu, est magnifique : une bonne idée cadeau si vous ne pouvez offrir l’intégrale. Comptez quand même 315 F. Mais l’amour n’a pas de prix…


Carine Weill
© Jowebzine.com - Novembre 2001
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