Untitled Document
 

     LiVReS
 
BRASSENS
 Florence TREDEZ

 Librio Musique
Librio, vous savez ? Les livres à 10 F qu’on trouve en présentoirs un peu partout. Bien étoffé à présent, le catalogue se décline en plusieurs collections : Classique, Littérature, Policiers, Noir, Fantastique et maintenant Librio Musique. C’est là que vous trouverez ce petit ouvrage, dédié à Brassens, au milieu de ceux consacrés à Bowie, Morrison, Coltrane, Marley, Gainsbourg, Madonna... Madonna, tiens, c’est Florence Trédez aussi qui a écrit celui sur Madonna, comme quoi elle n’est pas sectaire ; certains diraient même qu’elle est éclectique la Florence.

Sans prétention, pas chère et facile à lire, la collection Librio Musique a pour objet de brosser la vie d’un artiste vite fait bien fait. Juste ce qu’il faut pour vous familiariser avec lui et vous donner éventuellement envie d’approfondir (une bibliographie commentée est prévue à cet effet).

Dans cet esprit, on est satisfait d’avoir lu ce Brassens-là, qui va droit au but, sans complaisance ni fanatisme. Un bon équilibre donc pour découvrir la vie de cet homme complexe, attachant par son œuvre, surprenant par sa vie et contradictoire par ses idées ("Je suis tellement anarchiste que je prends soin de toujours traverser sur les clous pour n’avoir pas à me frotter à la maréchaussée").

On apprendra qu’il aimait par-dessus tout Tino Rossi, avait une affection particulière pour Claude François, adorait les westerns et les films musicaux, écoutait Elvis Presley et les Beatles.

Cet homme, qui a vendu cinquante-quatre millions de disques de son vivant (un par français !), n’a jamais cherché à profiter de son argent, vivant (de 1944 jusqu'à ce qu’elle le vire en 1966) dans des conditions plus que précaires chez Jeanne, au 9 impasse Florimont à Paris XIVe (NDLR : j’y suis allé faire un tour et j’y ai effectivement trouvé une pauvre masure, un petit corps de bâtiments prêts à s’écrouler, derrière une station-service sur la rue d’Alésia ; on ne peut pas dire que la ville de Paris ait cherché à entretenir ce lieu - un peu historique quand même ! - et ça m’a fait tout drôle. Encore pire : même pas une plaque officielle sur la façade ; juste un petit médaillon en plâtre, profil naïf de l’homme à la pipe fabriqué de ses mains par un grand admirateur - Renaud Séchan* - qui a voulu ainsi remédier à l’oubli. C’est pas très beau, mais c’est très touchant).

Un prologue, sept chapitre courts, un épilogue et puis une discographie, une bibliographie, quelques paroles du poète sur des thèmes aussi divers que le travail, la guitare, la timidité, les cons, Fernande ou le rock.
En une heure vous vous sentirez plus proche de Brassens, vous aurez compris son cheminement artistique et puis vous retournerez naturellement à ses chansons, parce que c’est là qu’il est vraiment et pour longtemps, le Georges : dans ses chansons.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Novembre 2001



* Pour ceux qui ne le sauraient pas, Renaud Séchan c’est le chanteur Renaud, enfant du XIVe arrondissement, tout près de l’impasse en question.
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés