Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Pierre Furlan
Gallimard La Noire - 471 pages
Multiple
récit aux nombreux personnages, L'usine à lapins
est malheureusement le dernier livre de Larry Brown, l'une des
plus belles plumes américaines.
D'un côté Arthur, plus de soixante-dix ans, énormément
d'argent, du temps à gaspiller qu'il occupe entre dormir
et regarder des westerns devant sa télé grand
écran. Arthur vit avec Helen, magnifique, bien plus jeune
que lui, qui est en manque d'homme car Arthur a des dysfonctionnements
érectiles (Helen a lu toutes les plaquettes à
ce sujet) et qui compense ce manque par quelques amants et de
sacrées muflées… Mais là, le couple
commence sérieusement à battre de l'aile et une
solution va devoir être trouvée… Viendra-t-elle
du jeune paumé au pitbull éreinté qui tient
l'animalerie où Arthur va demander conseil pour capturer
un chaton pour sa douce ? D'un autre côté, Domino,
ancien taulard plus que marqué par ce passage difficile,
qui deale de l'herbe en la planquant dans les carcasses de viandes
congelées qu'il livre pour son patron. Suite à
un accident bête avec un cerf, le pauvre Domino va tenter
de sauver sa peau et joncher le pays de cadavres. Un peu plus
loin, Anjalee, une fille de la campagne qui se prostitue doucement
mais choisit rarement le bon client…
Multiple récit aux nombreux personnages, L'usine à
lapins est malheureusement le dernier livre de Larry Brown.
Ce roman est d'une veine différente des précédents
avec une construction (récits mêlés) et
un ton inhabituel (qu'on avait déjà aperçu
dans quelques nouvelles). Même si l'humour est omniprésent,
on y retrouve quelques thèmes chers à l'auteur
(la description du Bar des Pins est grandiose tout comme le
parcours de Mlle Muffett). L'usine à lapin est donc difficilement
comparable avec les somptueux Père et fils ou Joe, mais
force est de constater que c'est tout de même un ton en
dessous.