Le
président des Etats-Unis est tué après
avoir fait l’amour avec une actrice. On accuse sa femme.
Et ça vous fait rire ?
Christopher Buckley n’est pas le fils de Tim ou le frère
de Jeff. Non, Christopher Buckley est né en 1952, a fait
de brillantes études et a intégré le cabinet
du vice-président des Etats-Unis Georges Bush (le papa
de l’actuel) quand Ronald Reagan était LE président.
Ensuite Buckley est devenu directeur de la revue Forbes FYI.
Pour vous représenter le bonhomme, il faudrait imaginer
un Serge July ou un Jean Daniel, dotés d’un tel
humour qu’ils seraient capables d’écrire
les sketches des Guignols.
Il ne faut jamais oublier que les Américains sont extrêmement
talentueux quand ils se moquent d’eux-mêmes ou de
leurs travers. Christopher Buckley connaît aussi bien
les coulisses de Washington que les modes de fonctionnement
des médias. Il nous livre un récit qui combine
la satire la plus effrénée à une documentation
jamais prise en défaut.
Le président des Etats-Unis, Kenneth Mac Mann, s’envoie
en l’air avec l’actrice Babette Van Anka dans la
chambre d’Abraham Lincoln. Puis il retourne dans la chambre
où dort sa femme. Celle-ci lui fait une scène
mémorable. Le lendemain matin, le président est
retrouvé mort. Passant aux yeux du monde entier pour
une meurtrière, Beth Mac Mann n’a d’autre
solution que de contacter Boyce Baylor, l’un des plus
redoutables avocats du pays, avec qui elle a failli se marier,
mais qu’elle a quitté… pour épouser
Kenneth Mac Mann.
Voici le point de départ d’une comédie qui
finira par vous captiver. Vous y trouverez, détaillés,
l’étiquette de la Maison-Blanche, les agissements
rocambolesques des avocats, la frénésie des médias.
Bref, même si ce roman est vu par la lunette burlesque,
il traduit formidablement l’ambivalence que l’on
peut ressentir vis-à-vis de la première puissance
mondiale. Ce pays nous agace autant qu’il nous fascine.
Certes, l’humour est constant. Mais le style est juste
correct. Lorsque pendant une centaine de pages, nous nous retrouvons
plongés dans les arcanes d’un procès, il
vaut mieux être adepte des séries juridiques sinon,
on ronge son frein. Cependant, Buckley réussit son pari
et les personnages se transforment de pantins en êtres
de chair et de sang, auxquels nous nous attachons.
On peut toujours se moquer des Américains, mais qui,
ici, aurait le talent de réussir un livre où la
première dame de France, croyante et très à
droite serait accusée du meurtre de son mari, un président
aimant la bière et la bouffe et souffrant de surdité
? Qui de plus pourrait écrire une telle œuvre dans
laquelle la satire le disputerait à l’esprit de
sérieux ?
Et puis, si l’on tient compte du fait que les fêtes
sont finies et que la rentrée littéraire de janvier
apparaît consternante de médiocrité, autant
aller chez votre libraire préféré et acheter
ce livre paru en novembre 2003.