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CIRCONSTANCES EXTENUANTES
Christopher BUCKLEY

Traduit de l’américain par Yves Sarda

Editions Buchet-Chastel - 384 pages
Le président des Etats-Unis est tué après avoir fait l’amour avec une actrice. On accuse sa femme. Et ça vous fait rire ?


Christopher Buckley n’est pas le fils de Tim ou le frère de Jeff. Non, Christopher Buckley est né en 1952, a fait de brillantes études et a intégré le cabinet du vice-président des Etats-Unis Georges Bush (le papa de l’actuel) quand Ronald Reagan était LE président. Ensuite Buckley est devenu directeur de la revue Forbes FYI. Pour vous représenter le bonhomme, il faudrait imaginer un Serge July ou un Jean Daniel, dotés d’un tel humour qu’ils seraient capables d’écrire les sketches des Guignols.

Il ne faut jamais oublier que les Américains sont extrêmement talentueux quand ils se moquent d’eux-mêmes ou de leurs travers. Christopher Buckley connaît aussi bien les coulisses de Washington que les modes de fonctionnement des médias. Il nous livre un récit qui combine la satire la plus effrénée à une documentation jamais prise en défaut.

Le président des Etats-Unis, Kenneth Mac Mann, s’envoie en l’air avec l’actrice Babette Van Anka dans la chambre d’Abraham Lincoln. Puis il retourne dans la chambre où dort sa femme. Celle-ci lui fait une scène mémorable. Le lendemain matin, le président est retrouvé mort. Passant aux yeux du monde entier pour une meurtrière, Beth Mac Mann n’a d’autre solution que de contacter Boyce Baylor, l’un des plus redoutables avocats du pays, avec qui elle a failli se marier, mais qu’elle a quitté… pour épouser Kenneth Mac Mann.

Voici le point de départ d’une comédie qui finira par vous captiver. Vous y trouverez, détaillés, l’étiquette de la Maison-Blanche, les agissements rocambolesques des avocats, la frénésie des médias. Bref, même si ce roman est vu par la lunette burlesque, il traduit formidablement l’ambivalence que l’on peut ressentir vis-à-vis de la première puissance mondiale. Ce pays nous agace autant qu’il nous fascine.

Certes, l’humour est constant. Mais le style est juste correct. Lorsque pendant une centaine de pages, nous nous retrouvons plongés dans les arcanes d’un procès, il vaut mieux être adepte des séries juridiques sinon, on ronge son frein. Cependant, Buckley réussit son pari et les personnages se transforment de pantins en êtres de chair et de sang, auxquels nous nous attachons.

On peut toujours se moquer des Américains, mais qui, ici, aurait le talent de réussir un livre où la première dame de France, croyante et très à droite serait accusée du meurtre de son mari, un président aimant la bière et la bouffe et souffrant de surdité ? Qui de plus pourrait écrire une telle œuvre dans laquelle la satire le disputerait à l’esprit de sérieux ?

Et puis, si l’on tient compte du fait que les fêtes sont finies et que la rentrée littéraire de janvier apparaît consternante de médiocrité, autant aller chez votre libraire préféré et acheter ce livre paru en novembre 2003.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Janvier 2004
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