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L’ODEUR DE LA NUIT
Andrea CAMILLERI

Traduit de l’italien par Serge Quadruppani

Fleuve Noir - 200 pages
L'ARGENT N'A PAS D'ODEUR
Un écrivain de 70 ans qui créé un personnage attachant et un style original et séduisant. A découvrir.



Andrea Camilleri est un homme aux multiples visages, scénariste, metteur en scène et producteur, auteur de nouvelles et de poèmes. C’est aux alentours de ses soixante-dix printemps qu’il se tourne vers le roman policier. Depuis il se retrouve en tête des ventes en Italie. Il faut bien avouer que l’univers de son personnage fétiche, le commissaire Montalbano, est tout à fait délectable.

Ici tout débute à Vigàta (Sicile) par la disparition d’un homme d’affaires, évaporé avec les économies d’un bon nombre de braves gens. Chacun y va de sa théorie : pour les uns il est parti sur une île du Pacifique, pour les autres il s’est fait liquidé par la mafia. Montalbano et ses coéquipiers s’emparent de l’enquête et la mèneront à bien, jusqu’à son dénouement tout à fait inattendu.

Oui. Oui, c’est tout, pas la peine de vous en dire plus. Pour être tout à fait franc, l’intérêt de ce roman n’est pas dans cette enquête, somme toute assez banale et qui s’apparente presque à une promenade de santé pour notre Maigret sicilien. L’essentiel du plaisir est dans la lecture, dans la dégustation de cette langue si particulière qu’utilise Camilleri. Ça coule tout seul, ça chante, c’est beau quoi ! Rendons hommage à Serge Quadruppani qui, dans sa traduction, réussit à nous restituer cette saveur si délicate. Il vous faudra lire deux ou trois pages pour vous habituer, vous penserez d’abord à des fautes de frappe, puis doucement vous serez piqué, emporté et définitivement conquis.

Le commissaire Montalbano, c’est aussi et surtout un bon vivant, un amoureux des bons petits plats. Ses pauses déjeuner sont un vrai régal qui vous donneront l’eau à la bouche. Il ne faut pas oublier le reste de la tribu, ses coéquipiers, Fazio, Catarella, Augello et puis tous les autres personnages que rencontre Montalbano au cours de ses pérégrinations. Ils ont tous des particularités attachantes.

L’Odeur de La Nuit se lit le sourire aux lèvres, en salivant, de la crème solaire sur le nez, et avec le désir de ne jamais arriver jusqu’à la dernière page.


Maxime Maillard
© Jowebzine.com - Juin 2003
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