Mettez-vous
à la place de ce pauvre Rozarian. On vous réveille par
un coup de sonnette à 8 heures du matin. Vous avez fini votre
journée deux heures plus tôt… ça fait pas
beaucoup de sommeil. C'est un coup à ouvrir la porte légèrement
embrumé et les roubignolles à l'air. C'est un coup à
se retrouver l'air bête face à l'énorme bouquet
de roses qu'on vous tend, bouquet somptueux, destiné à
votre femme, partie il y a peu avec un autre… Autre qui sonne
la tronche enfarinée juste après, venant demander si
votre (ex) femme est là… Que faire, sinon larguer un
bon coup de boule à cette tronche d'endive…
Bon, les choses vont s'arranger, si on veut, car il apparaît
que l'homme, qui n'est autre que le fils d'André-Marie Villevirain
de Saint-Chamons, en veut (si on peut dire) à votre mère…
une bien étrange histoire d'héritage. Que faire sinon
le suivre ? Et vous retrouver embarqué dans cette histoire
de révélation des aventures extraconjugales de ce grand
homme au-dessus de tout soupçon qui, à l'arrivée,
pourrait bien se révéler être votre père
!
Comme à l'accoutumée (ça va finir par être
lassant de répéter toujours les mêmes superlatifs
pour les livres de Philipe Carrese), l'humour est au rendez-vous (le
réveil de Rozarian étant particulièrement truculent).
Pour une fois, Philippe Carrese quitte Marseille pour un grand road
movie qui remontera jusqu'au Havre, sur les traces des maîtresses
d'André-Marie. C'est fin, les dialogues sont percutants (la
confrontation du fiston avec le reste du monde vaut son pesant de
cacahuètes), Rozarian est toujours aussi impérial…
Et ce n'est pas parce qu'on a déjà rigolé avec
les précédents qu'il faudrait manquer celui-ci.