LOVE
STORY
Un bon polar efficace, bien rythmé et qui sait être
drôle sans tomber dans le grotesque. Peut être le
meilleur roman d’un Carrese au sommet de son art.
Lorsque Max rencontre Gisèle, c'est le coup de foudre.
Tout va très vite, il troque ses fringues de cow-boy
contre des costumes Boss et Armani, se fait raser le crâne
avec juste ce qu'il faut sur le caillou pour avoir les cheveux
"rouge très mode", commence un régime
à base de légumes crus, s'inscrit à un
club de fitness, "apprend à ne plus roter dans n'importe
quelle circonstance", achète un dictionnaire "et
commence à enrichir son vocabulaire", fait faire
un "devis conséquent pour relooker Les Matins Perdus
en resto branché la semaine et en boîte de nuit
tendance retro le week end", et se fait faire quelques
piercings dont un proéminent au bout de…
Mais en quinze jours, tout vire en eau de boudin et Max est
furax "Gisèle l'a détruit, humilié.
Max veut la tuer, il va la tuer"… Et Max, même
s'il a l'air des plus cons à ce jour n'est pas n'importe
qui : "passif éloquent, référence
incontournable dans l'histoire du grand banditisme"…
Sauf que pour tuer Gisèle, il manque de main d'œuvre
qualifiée, c'est comme ça que Pindur, un des employés
de la boite se retrouve à piloter sa 125 pourrie avec
Caruso, chanteur impénitent de guimauve italienne, derrière
lui pour aller flinguer Gisèle à la sortie de
son boulot… Mais si tout était aussi simple dans
la vie, ça se saurait…
C'est peut-être le meilleur des Carrese… A voir,
car il y en a de nombreux qui peuvent postuler à ce titre.
L'histoire est bien trouvée, les personnages bien sentis
comme à l'habitude, les situations cocasses sans être
trop "énormes" et le rythme excellent. On passe
un sacré bon moment, Philippe Carrese allie humour et
noirceur, il y a une certaine désespérance sous
la bonhomie… C'est vraiment très fort et, une fois
de plus, chapeau bas Mister Carrese.