Traduit de l'anglais (Etats Unis)
par Jean-François Bonaldi
Rivages/noir - 589 pages
Un
"nouveau roman d'aventure" (dixit Paco Ignacio Taibo
II) qui entraîne son lecteur sur 600 pages et 20 ans de
rebondissements sans temps morts. Un pur moment de bonheur.
Zé Bonitinho, "cet analphabète qui avait
su faire face à tant de dangers et d'infortunes était
le compagnon idéal dans la forêt équatoriale".
C'est ce que se disait son patron Charles Reeds. "Reeds,
fils d'un exploitant agricole Texan, mesurait plus d'un mètre
quatre-vingt et avait joué football américain
au lycée, mais il savait bien que s'il ne prenait pas
chaque jour ses comprimés de chloroquine, la malaria
le terrasserait. C'était un miracle que Zé puisse
survivre dans ce milieu paludéen sans prendre aucun médicament,
supporter les fièvres sans broncher, faire les travaux
les plus rudes dans ce climat vaporeux, inhumain. Zé
Bonitinho pesait trente kilos de moins que Reeds, mais il le
surpassait quand il fallait ramer, manier la cognée,
courir, nager. Il visait mieux et supportait mieux la boisson
que Reeds". Sans compter qu'il était bien plus vieux
que lui ! Le secret de cette longévité ? Zé
Bonitinho ne s'est jamais posé cette question…
mais Reeds va se la poser, pour tenter de revendre le secret
à un laboratoire pharmaceutique. Et comme un malheur
n'arrive jamais seul, la CIA qui a des oreilles partout, va
se dire que ça pourrait avoir de magnifiques applications
militaires. Bref, un bordel planétaire, qui va déchaîner
les passions sur de nombreuses années.
Dans la grande veine de ce que Paco Ignacio Taibo II qualifie
admirablement bien de "nouveau roman d'aventure",
Un thé en Amazonie est un livre brillant. Placé
sous la maxime amazonienne "Celui qui n'apprend pas à
attendre, ne peut vivre dans la forêt vierge", ce
grand roman d'espionnage (mais le terme est restrictif) s'étale
sur 600 pages et vingt ans, sans temps mort ni affaiblissement.
Les personnages sont redoutables (rien que le parcours de Zé
Bonitinho est un livre à lui tout seul) et l'intrigue
parfaitement assemblée telle une mécanique de
précision. Ajoutez l'exotisme amazonien et le terre-à-terre
de la CIA et vous obtenez un pur moment de bonheur.