Untitled Document
 

     LiVReS
 
CONFESSIONS D'UNE RADINE
Catherine CUSSET

Gallimard - 140 pages
Du précédent "roman" de Catherine Cusset, lu en diagonale, et intitulé La haine de la famille, il fallait retenir que la maman de Catherine avait des flatulences et que le papa de Catherine ne savait pas lui dire qu’il l’aimait. Ils avaient tout plein de défauts, mais au final, Catherine avait les mêmes et elle l’aimait quand même sa famille, surtout sa grand-mère.

Aujourd’hui Catherine Cusset nous livre les Confessions d’une radine. Il faut lui reconnaître une qualité : cet auteur a le talent pour trouver un titre accrocheur, un titre qui ressemble aux films dont on fait grand battage ; le titre promet beaucoup, mais offre peu.

Catherine Cusset est née en 1963. Elle a écrit sept romans. Le milieu littéraire a commencé à parler d’elle lorsqu’on a reconnu Philippe Sollers dans une de ses histoires. Comme chez lui, on retrouvait dans sa prose des fantasmes et des références cultivées. Par la suite, elle a obtenu le Grand Prix des lectrices de Elle pour Le problème avec Jane. Du coup ses livres se sont bien vendus.
Dans son dernier ouvrage, l’auteur prend la pose de la radine. Ressemblant à cela aux enfants qui raclent la croûte pour que la plaie soit à vif. Le sujet, encore une fois, est porteur. La radinerie n’est pas l’avarice. Il s’agit d’un péché mineur auquel nous avons tous succombé à un moment ou à un autre, quand nous regardons à la dépense, quand nous refusons de donner de la monnaie aux personnes qui nous sollicitent. Peut-on écrire plus de 140 pages sur un tel sujet ? - Répétons-le, il ne s’agit pas de l’avarice, un thème qui a donné Eugénie Grandet ou Les rapaces de Franck Norris... - Oui, on le peut. Mais le lecteur n’est pas forcément passionné.

Depuis quelques années, la télévision a lancé la mode des écrivains un peu monstrueux, un peu dérangés. Pour "passer dans le poste", il faut manger des fruits pourris, ou avouer que le sexe est un commerce et qu’on fait partie des laissés pour compte. Un bon écrivain est une sorte d’Elephant man qu’on exhibe entre deux tranches de pub. Madame Cusset, quand elle quitte les Etats-Unis où elle vit, pour nous rendre visite, n’est pas avare de ses passages dans le poste. Elle a compris comment appâter le chaland.

"Chaque matin, seule, assise, à mon bureau, devant la fenêtre, face à mon ordinateur, je cultive mon jardin de mots." Ainsi, Catherine Cusset finit-elle son récit. Certes. Cependant, elle gagnerait à considérer la littérature non comme un jardin mais comme une forêt vierge, un océan, voire un désert. En somme, elle gagnerait à ouvrir le compas. Les mauvais sentiments, comme les bons d’ailleurs, ne font pas automatiquement de la bonne littérature.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Mars 2003
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés