Pierre
Galvez passe son temps à raconter des histoires, à
sa femme, ses maîtresses qui entretiennent ses projets,
des éventuels collègues de travail… Il baratine
tout le monde, toujours pressé pour aller à un
autre rendez-vous, coincé entre deux avions, alors que
la plupart du temps il est sagement attablé dans un bar
à attendre que le temps passe. Tout le monde le croit,
sauf une, qui a découvert le pot aux roses : "Faux
son parcours de journaliste, écrivain, grand reporter,
faux son accident cérébral, son coma, sa boîte
de production. Tout comme le film qu'il a tourné sur
elle, mais qui ne sortira nulle part. Pendant qu'on le sortait
par miracle du coma aux Pays-Bas, il était en fait incarcéré
pour escroquerie !"
Ha, oui, il y en a un autre à ne pas le croire, c'est
Scaglia, un flic. "C'est ça un flic, un bon, quand
ça ouvre un dossier, c'est comme les crocs dans les mollets
du facteur, ça ne lâche plus"… Et du
pitoyable mythomane engoncé dans sa toile de mensonges,
on va passer au portrait d'un homme nettement moins fréquentable.
Rouge, pair, impasse est un excellent, court (à peine
100 pages), roman. La personnalité de Galvez est bien
disséquée mais ce qui donne toute sa grandeur,
c'est lorsqu'on commence à voir le côté
sombre de l'homme et le fait qu'il soit vu par différents
protagonistes aux avis bien tranchés. C'est précis,
bien documenté (ce qui donne de la consistance au roman),
le rythme s'accélère sur la fin. Une petite réussite
dont il serait dommage de se passer.