Je
cherchais un livre pour offrir à une personne chère.
Pas le genre de livre quon lit et quon met dans
un carton ou sur une étagère. Non, je cherchais
un livre quon peut lire et relire, un livre quon
regarde aussi, un livre quon montre et quon partage.
Je cherchais un livre qui lui ressemble aussi, un livre un peu
fou, qui nous emporte dans divers univers, un livre qui joue
sur les sensations et la fragilité de lêtre.
Jai trouvé Fragiles. Cétait ça,
exactement. Apparemment, il ny a pas dhistoire dans
Fragiles. Juste des mots. Des mots écrits par Philippe
Delerm, des mots fragiles, des mots tactiles, curieux au premier
regard, car on ne comprend pas où ils nous mènent.
Des illustrations aussi. Des dessins de la main de Martine Delerm,
qui illustre naïvement les mots de son mari.
En fait, dessins et mots nous mènent, ensemble, à
une sensation ou à un sentiment, quon découvre
en haut de la page en tout petit. Déception : «
Il y a des jours où les citrouilles ne sont que des citrouilles
» nous dit Philippe Cest vrai, la déception
peut se résumer à ça quand on y réfléchit.
Fragiles, dans la forme, ressemble au Petit Prince. Le fonds
na certes rien à voir, mais lidée
générale nen est pas si éloignée.
Il sagit finalement de toucher notre sensibilité
et nos sensations par la douceur des mots et du crayon. Le tout
est une poésie douce, gentille, trop dailleurs,
mais le rêve na jamais fait de mal à quiconque