"Une
ville comme Pretoria et ses banlieues, avec presque deux millions
et demi d'habitants, enregistre plusieurs milliers d'appels de détresse
par jour. Les opérateurs du 10111 saturent en permanence et
les dossiers s'empilent sur les bureaux des enquêteurs qui traient
les urgences en fonction des événements, mais aucun
meurtre n'est jamais programmé avec cette monstrueuse régularité
; rien n'est attendu à l'exception du pire qui est presque
toujours sûr. Chaque jour amène évidemment sa
part de problèmes, de viols, de hi-jackings, d'assassinats,
d'enlèvements ou de vols, mais chaque jour la police est prise
au dépourvu et elle improvise comme elle peut. Mais rien n'arrive
jamais qu'elle aurait vraiment pu prévoir et éviter.
Piètre excuse évidemment… avec ce cadavre nu et
sans visage qui prenait quasiment rendez-vous avec la police chaque
samedi matin vers 7 h 00, les bienfaisantes et rassurantes règles
du chaos universel ou de la théorie des emmerdements maximums
ne s'appliquaient plus."
L'inspecteur Francis "Bronx" Zondi patine et va tenter d'enrayer
ces samedis matin fatals…
Ce premier roman de Louis-Ferdinand Despreez, directement écrit
en français, est un bon portrait de Pretoria aujourd'hui. L'histoire
lui permet de gratter là où cela fait mal, même
si parfois c'est un peu trop didactique, qu'il y a quelques lourdeurs
liées aux explications et qu'il empile les anecdotes - sûrement
vraies et très intéressantes - qui nuisent au bon déroulement
de la fiction (n'oublions pas que nous sommes dans un roman policier).