Traduit de l'espagnol (Chili)
par Bertille Hausberg
Métailié - 285 pages
Un
excellent roman noir sud-américain comme Ramon Diaz-Eterovic
sait si bien les concocter pour notre plus grand plaisir.
Heredia a un passé de détective privé stoppé
par une histoire d'amour qui a mal tourné. Après
une pénitence de six mois passée à repeindre
des bungalows sur la côte, il rentre à Santiago-du-Chili
avec son chat Simenon sous le bras et deux ou trois sous en
poche. Il se prend une piaule dans un hôtel borgne et
ses ennuis commencent : Gordon, fonctionnaire exemplaire à
la cour des comptes est retrouvé mort dans la chambre
d'à-côté. Heredia dont la police ne gardait
pas un bon souvenir se retrouve suspecté…
Les sept fils de Simenon est un excellent roman noir (justement
couronné par le prix Hammett, ce qui n'est pas rien)
comme savent en faire les auteurs d'Amérique Latine.
Un rien désabusé "Je ne veux pas changer
le monde, j'essaye seulement de faire en sorte que le monde
ne me change pas", avec une vision désenchantée
de la ville et un privé en proie à ses doutes
et à la mélancolie (mais il est pugnace car il
ne faut pas perdre de vue que "Le renard perd ses poils
mais pas son astuce")… C'est un régal.