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     LiVReS
 
LES BEATLES
Alain DISTER

10/18 - 224 pages
ALAIN DISASTER
Sans doute la pire biographie jamais consacrée aux Beatles. Entre approximations et erreurs flagrantes, ce livre est une sorte de cas d'école…



Parue à l’origine en 1972, Les Beatles d’Alain Dister constitue encore aujourd’hui, une des pires biographies jamais écrites en français sur les Fab Four, sa méconnaissance du groupe de Liverpool, éclatant presque à chaque page !

Qui plus est, cet ouvrage est extrêmement mal écrit, ce qui le rend fastidieux à lire…

Certes, l’incompétence manifeste d’Alain Dister sur son sujet gratifie le lecteur de moments d’hilarité pour quiconque possède un minimum de "culture Beatles", mais était-ce bien le but recherché… ?

Ainsi, bien qu’il soit annoncé en dos de couverture que l’édition publiée chez 10/18 a été révisée, le livre contient un nombre hallucinant d’erreurs. Les lister toutes, reviendrait quasiment à recopier l’ouvrage, les corriger aurait signifié pour l’auteur de réécrire totalement son livre.

Citons tout de même, au passage, la vision caricaturale et erronée du couple Lennon-McCartney qui dégouline du début à la fin :
- "Paul écrivait des chansons plutôt douces, toujours pour plaire aux filles, des mélodies traditionnelles." (p. 19)
- "Toutes les chansons qu’il contenait (album A hard day’s night) étaient signées Lennon-McCartney, mais il était assez facile de deviner qui avait écrit quoi. Les compositions de John (…) étaient plus agressives, (…) très rock, comme autant de cris frustres. (…) Les chansons de Paul (If I fell…) étaient plus sentimentales, mélodieuses, pleines de charme." (p. 112)
- "Comme toujours lorsqu’il puisait son inspiration dans le rock’n’roll de ses débuts, John Lennon faisait des merveilles : Helter skelter rappelait les débuts à Hambourg, les longues nuits passées à hurler à la limite de l’hystérie." (p. 150)

Vision caricaturale et erronée, car Lennon a écrit bon nombre de ballades au sein des Beatles (Accross the univers, Julia, …) et en solo (Imagine, Jealous guy, …) dont notamment, If I fell attribuée ici par paresse et commodité à McCartney et que, de son côté, Paul est l’auteur et l’interprète de nombreux rocks ravageurs, Helter skelter y compris !

Comment ne pas sourire également quand Alain Dister attribue Lovely Rita (du pur McCartney chanté par McCartney) à John : "John, lui, chantait son amour à tout le monde, et cette Lovely Rita - gardienne de parking, pourtant pas très chaleureuse pouvait tout aussi bien faire son bonheur." (p. 134)

Non content d’égrener les inexactitudes, l’auteur n’hésite pas non plus tout au long de l’ouvrage à se livrer à des interprétations fantaisistes pour ne pas dire "fumeuses". Ainsi cette explication d’ordre budgétaire à des choix purement artistiques : "Pendant qu’ils avaient un orchestre sous la main, les Beatles, le mirent à contribution dans les morceaux qu’ils travaillaient à l’époque : Sgt Pepper’s… et Good morning good morning. On évitait ainsi quelques frais supplémentaires, d’autant qu’il se composait de plus de quarante musiciens. » (p. 133). Scoop : les orchestrations et les arrangements de Sgt Pepper’s seraient donc dus, pour Alain Dister, à une volonté farouche de réaliser des économies d’échelle !

On notera d’ailleurs que cet exemple illustre à lui seul l’absence totale de crédibilité de ce livre. En effet, si l’on suit la chronologie effectuée par Mark Lewisohn (l’historien référence en matière Beatles), les arrangements de cuivres du morceau Sgt Pepper’s lonely hearts club band ont été enregistrés le 3 mars 1967 par quatre musiciens, le reste des bruits d’orchestre provenant essentiellement d’une bande audio. Et ce n’est que dix jours plus tard, soit le 13 mars que les arrangements de cuivres de Good morning good morning ont été enregistrés par six musiciens complètement différents ! Alain Dister s’est donc permis d’élaborer une théorie ridicule à partir de faits qui n’ont jamais existé !

Bref, vous l’aurez compris, cet ouvrage, écrit sans doute plus par opportunisme que par passion, ne possède pas la moindre once de fiabilité (ce qui est particulièrement lamentable quand on sait que Alain Dister est l’un des cofondateurs de Rock and Folk), et cette réédition, où l’on n’a même pas pris la peine de corriger les erreurs les plus grossières, a de quoi laisser pantois tant elle est inutile !


Guillaume Lebouis
© Jowebzine.com - Janvier 2004
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