Laction
se déroule dans une grande métropole dun
pays qui ressemble aux Etats-Unis mais dans lequel la monnaie
en circulation est leuro, quelques années après
le 11 septembre 2001. Le cadavre dune jeune joggeuse est
retrouvé dans le parc. Il sagit de Jennifer Brennen,
la fille de Paul Brennen, multimilliardaire, dirigeant dun
véritable empire lié au sport. Pour Nathan, lofficier
de police auquel laffaire est confiée, il ny
a aucun doute possible, le meurtre a été commandité
par le père, dérangé par les choix de vie
de sa fille. En effet, Jennifer militait pour toutes les causes
écologistes, pacifistes ou humanitaires possibles, ne
ratant aucune occasion de sopposer à son père,
allant jusquà se prostituer pour payer son loyer
et ternir en même temps la réputation familiale.
Nathan se trouve ainsi lexcuse rêvée pour
infiltrer le milieu étudiant « activiste de gauche
» dont Jennifer était une figure de proue et auquel
appartient son ex-femme dont il ne parvient pas à surmonter
le départ.
Marie-Jo, coéquipière et accessoirement maîtresse
de Nathan, se fie à son intuition féminine qui
ne la jamais trompée, contrairement aux hommes
qui ont croisé sa route : Nathan se fourvoie. Elle préfère
suivre une autre piste, celle qui débute sur le campus
où Jennifer était étudiante et où
Franck, son propre mari est professeur.
Philippe Djian déroule pour ses lecteurs le fil dune
intrigue policière en faisant sexprimer successivement
les deux flics, dont les monologues sinterpellent, se
mêlent et se répondent de chapitre en chapitre,
tissant une toile complexe. Lenquête nest
quun des aspects de leur quotidien plutôt sombre,
constitué de problèmes de couple, de jalousies,
dangoisses, de déceptions. Pour lutter contre la
dépression, ils cultivent leur aventure, un de leur seul
"rayon de soleil", si tant est que lon puisse
réellement nommer ainsi quelques "coups" tirés
en vitesse dans des toilettes publiques ou des cages descalier.
Lauteur nous plonge dans un de ces univers glauques quil
affectionne, une mégapole, royaume de la violence des
rues, du style Métropolis, dans un monde qui court à
sa perte en gaspillant ses ressources naturelles, sous une couche
dozone dont le trou en sélargissant engendre
une canicule torride, peuplée de personnages désabusés
sombrant dans la trilogie sexe, drogue, alcool pour fuir une
existence sans relief.
Le style na rien dextraordinaire, non, décidément
le talent de Philippe Djian est ailleurs. Il réside en
sa faculté de provoquer la nausée chez son lecteur
avec une aisance exceptionnelle !
Sans être particulièrement coincé, vous
nen pourrez plus, arrivé au terme du livre, de
sexe et de violence, bestiaux et omniprésents. Et pourtant,
une curiosité malsaine vous aura poussé à
achever votre lecture, issue peut-être dune petite
voix au fond de votre tête vous répétant
que notre futur, cest bien ça.
Cest drôle, javais beau être sensible
aux divers discours écologiques et humanitaires, cest
depuis que jai lu ce livre que je suis motivée
pour contribuer, dans la mesure de mes pauvres moyens personnels,
à la protection de notre planète... en létat.
Cest peut-être pas terrible, mais cest toujours
mieux que ce que ça pourrait devenir...