Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Jean-Paul Gratias
Rivages - 290 pages
Le
nouveau James Ellroy n'est pas un roman, mais un recueil d'articles
passionnants essentiellement publiés dans le magazine
américain GQ.
Destination morgue est un recueil de divers articles parus dans
le magazine américain GQ. Dans le premier, dont le titre,
Où je trouve mes idées, est assez éloquent.
Le grand James y parle de lui et du roman : "C'est un Rubik's
Cube. Le mécanisme interne affiche des souvenirs et des
pensées. Des images remplacent les blocs colorés
et trouvent leur cohésion en un clic. Les lignes horizontales
se connectent. Les perpendiculaires apparaissent. Vous prenez
ce dont vous avez besoin et ce que vous avez été,
le passez au crible de ce que vous êtes devenu. Vous y
mettez de l'ordre. Vous y rajoutez quelques extravagances. Si
vous êtes habile et honnête, et pur, cela fonctionne"…
Le texte est fort, c'est le moins qu'on puisse dire.
Dans Ma vie de branleur, il approfondit un des épisodes
de Ma part d'ombre ; dans J'ai les infos, l'auteur dissèque
les ragots et l'info : "Les Américains sont bons
clients pour les ragots et la rédemption. Les tabloïds
et la Bible continuent à faire de gros tirages".
Sport sanglant est un excellent exercice de style autour de
la boxe, des mots qui sonnent, des phrases qui cognent…
Qui a un jour osé douter du style d'Ellroy ? Stéphanie
explore une des fascinations de l'auteur : les crimes sexuels
non résolus. Un sérieux doute, remet en cause
sa vision de la peine de mort.
Le tout se termine en beauté par Un baisodrome à
Hollywood, mini-roman complètement débridé
et halluciné, au rythme endiablé et à la
fureur digne des premiers Lloyd Hopkins ! On y retrouve les
thèmes chers à l'auteur qui décortique
"le meilleur des foutus mondes" et on regrette que
ce soit aussi court.