Jeune
écrivain trentenaire Christophe Hostier a tout pour être
heureux : une femme qui l'aime, des enfants, quelques amis sincères,
une maison en province, un projet pour la télé...
C'est un jeune homme plein davenir.
Pourtant Christophe Hostier doute. De son amour pour sa femme
: "Ma lâcheté à moi, ma typique lâcheté
de mec, cétait de ne pas assumer devant elle de
ne plus laimer, peut-être de ne jamais lavoir
assez aimée, pas autant quelle maimait elle,
pas autant en tout cas que je lui disais encore laimer
aujourdhui.(...)Par peur ou par flemme de la perdre, je
ne sais pas, je navais, de toute façon, pas les
couilles de lui dire tout cela, de lui dire surtout que, toute
femme de ma vie quelle était de fait, je crevais,
à trente-deux ans et en quatorze ans déjà
de vie commune, de navoir jamais caressé dautre
corps de femme que le sien, au nom d'un idéal de fidélité
et de droiture morale que je m'admirais de ne pas enfreindre
ou, plus exactement, que je n'osais enfreindre par hantise d'avoir
un jour de bonnes raisons de ne plus m'admirer." (p.11)
Il doute surtout de lui, de la finalité de l'écriture,
du bien fondé de tout ce qui fait son existence, Christophe
Hostier se livre et ça fait du bien car il met en mots
tout ce que nous cachons honteusement, toutes ces pensées
que nous nous chuchotons à peine.
Le jeune écrivain nous livre un portrait des plus accablant
du monde de la télévision et du Paris littéraire.
Nicolas Fargues samuse et nous fait la critique de son
roman, luvre est jugée dans luvre
elle-même, cest assez drôle et perspicace.
Le questionnement intérieur est omniprésent mais
jamais lassant, le personnage est sympathique et touchant de
fragilité et de proximité. Encore une fois Nicolas
Fargues, lair de rien, nous invite à assumer nos
débordements de lucidité...