Après
une (trop) longue attente, Caryl Ferey donne enfin une suite
à l'excellent Haka. Et comme Utu est à la hauteur
de son prédécesseur, sa lecture est vivement conseillée.
Bien que Paul Osborne ait quitté le service depuis 10
mois, un de ses anciens collègues vient le démarcher
jusqu'en Australie pour qu'il reprenne du service. L'affaire
est simple : remonter la piste du chaman disparu lors de la
tuerie qui a "conclu" l'affaire de son collègue
Fitzgerald. Fitzgerald qui s'est d'ailleurs suicidé par
la suite. Bien qu'il n'ait aucune envie de rentrer chez lui
("un retour au pays lui faisait aussi chaud au cœur
qu'une balle tirée dans le dos"), Osborne accepte
tant pour retrouver le Maori que pour savoir qui a pu tuer Fitzgerald
dont il est absolument sûr qu'il ne s'est pas suicidé.
"Ce principe du conflit était généré
par le recours inévitable au utu, la vengeance, comme
seule solution à l'avanie : l'affrontement était
en quelque sorte validé par les ancêtres-dieux".
Cette suite tant attendue de l'excellent Haka est à la
hauteur du temps qu'il aura fallu attendre (on n'y croyait plus).
Même rythme fou, même tension dans le récit,
un Osborne (complètement halluciné, on le dirait
échappé d'un roman d'Ellroy) à la hauteur
de Fitzgerald ("Vous avez travaillé avec Fitzgerald
pendant six ans, vous connaissez ses indics, ses sources, voire
certaines de ces méthodes"), une bonne histoire,
une excellente imprégnation des lieux… Bref, un
régal et, bien que l'auteur dise qu'on peut lire les
deux livres dans le désordre, commencez par Haka, ça
vous permettra de vous taper 1000 pages folles d'un trait…