Bucéphale
(en grec "tête de taureau") était la
mythique monture d’Alexandre le Grand, fils du roi Philippe
(en grec "ami des chevaux") de Macédoine. Issu
de la meilleure race de Thessalie, il était noir, une
étoile blanche sur le front et il avait les yeux vairons
(ça arrive…).
Thomas Fersen en a fait le nom de sa société d’édition,
après qu’une fabuleuse chanson, texte et musique
d’une imparable virtuosité, ait germé de
l’extraordinaire album Le jour du poisson (1997). Ambiances
de paddock, grosse cote, stress du parieur aux abois, émois,
rêve d’une vie meilleure, outsider... Maudit canasson
que ce Bucéphale-là. Mais parfaite chanson.
Fin 97, quand on sollicite Thomas Fersen pour faire un livre
pour enfants, il file chez Annette Doisneau à Montrouge
pour consulter les archives de son père, rubrique "chevaux".
Et puis il reprend son vieux Bucéphale, vers par vers,
strophe par strophe, qu’il illustre avec les clichés
noirs et blancs que le photographe est allé croquer au
gré des champs de course des années 50. À
croire qu’ils ont travaillé ensemble tant tout
colle à merveille. Petits drames, tendresse, nostalgie,
bouilles, cocasseries, clins d’yeux… Fersen serait-il
le Doisneau de la chanson ?
Et pour emballer tout ça, une jolie couverture en jeu
de dadas d’autrefois. Un objet devenu rare (épuisé
!) mais qui finira bien par être réédité…
Allez, on parie ?