Untitled Document
 

     LiVReS
 
PILGRIM
Timothy FINDLEY

Traduit de l’anglais par Isabelle Maillet

Folio - 823 pages
Ce roman de Timothy Findley, telle une bonne émission de TF1, invite une tripotée de VIP : Léonard de Vinci, Ste Thérèse d’Avila, Oscar Wilde… et bien-sûr Carl-Gustav Jung, disciple du docteur Freud, chargé du cas de l’énigmatique Pilgrim. Celui-ci, atteint de mutisme, arrive dans la clinique du célèbre psychanalyste suisse après une énième tentative ratée de suicide. Banal, me direz-vous ? Oui, sauf que Pilgrim, cette fois, est resté mort plusieurs heures et prétend, par l’intermédiaire de son carnet intime, ne pas pouvoir mourir. Il aurait été 100 personnages différents, alternativement homme ou femme, partageant l’intimité des plus grands de ce monde. Et il en a assez, Pilgrim (traduisez : Pèlerin), de changer de peau à longueur de temps, d’être violé par des barbouilleurs homosexuels, de construire des cathédrales, de côtoyer des saintes sans jamais bénéficier de leurs miracles… Et on le comprend un peu… C’est vrai, quoi, à quoi bon être immortel, s’il faut tout recommencer à chaque fois ? Surtout qu’on ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve...

Carl-Gustav, lui, ne s’en laisse pas compter, et entre deux aventures amoureuses avec ses patientes ou assistantes, décide de guérir Pilgrim de sa schizophrénie. Car Pilgrim ne peut être qu’un malade de plus à guérir, et Carl-Gustav s’est juré de vaincre la maladie. Il nous emmène donc dans son sillage à la découverte d’un esprit dérangé. C’est là que tout se complique, car les malades ne sont pas toujours ceux qu’on pense : entre un aide-soignant qui croit aux anges, une infirmière amoureuse d’une ballerine russe vivant sur la lune, et un psychiatre déséquilibré, Pilgrim nous donnerait même l’impression d’être le plus sain de tous.

Vous l’avez compris, ce roman fleuve est à lire comme une saga, qui navigue au fil des siècles et nous fait vivre une multitude de vies passionnantes. Il nous emmène aux frontières du réel, et pose des problèmes métaphysiques et psychanalytiques essentiels : qu’est ce que la réalité, ce que notre esprit perçoit ou ce que le commun des mortels admet ? Ou encore, l’homme est-il l’héritier d’une mémoire collective de l’espèce humaine ? Bref, plein de questions que vous regretterez de ne pas vous être posé plus tôt. Dommage que le spécialiste chargé d’y répondre se révèle si décevant. Un peu comme la fin du roman qui se termine en queue de poisson. Comme si l’auteur, tout comme Jung, effrayé par l’ampleur de la tâche, avait démissionné au dernier moment et laissé le lecteur faire sa propre interprétation… des rêves.


Carine Weill
© Jowebzine.com - Septembre 2002
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés