Ange
Simeoni est "un pur produit du quartier du "panier",
au dessus, le cœur historique de Marseille, le quartier chaud,
comme on dit, où, selon la tradition, naissent et meurent de
mort violente, depuis des siècles, les mauvais garçons
et souvent les seigneurs de la ville. Ange ne prétend pas avoir
l'étoffe d'un seigneur, mais on ne peut pas non plus dire que
c'est n'importe qui et sûrement pas un bon garçon en
tous cas. Tout ce qu'on peut dire, c'est que c'est un enfant du Panier,
dans la tradition, indiscutablement…" Ange, "ce n'est
pas un type curieux et c'est justement une qualité qui fait
qu'on s'adresse volontiers à lui, mais ça ne l'empêche
pas, de temps à autre, comme tout le monde, de penser et de
se poser des questions. Là, il se doute bien que ce qu'on lui
demande, ça n'a pas pour but de monter un grand prix motocycliste
ou un spectacle de haute voltige comme en fait la garde républicaine.
Ce genre de truc, surtout quand on connaît la personnalité
de son commanditaire (un rouage lui aussi mais d'un autre niveau que
lui, Ange Simeoni et, il faut le reconnaître, d'une autre trempe)
ça augure forcément de morts violentes et dans ces cas-là,
même un type comme lui, Ange, ne peut pas s'empêcher de
songer à ses quelques semblables qui, au bout du compte, vont
forcément y avoir droit".
Et oui, ça va sarcler à côté d'Ange, une
guerre des maisons de retraites, qui vont flamber, qui vont sauter,
dont les pensionnaires vont mourir à coup de balles, à
coup d'intoxication… l'affaire va être corsée.
Le tout suivi par la police, en pleine guerre des services, qui s'espionne,
ne collabore pas, voire se sabote les pistes, ça va être
beau !
André Fortin, ancien juge d'instruction, connaît son
sujet, le maîtrise et écrit bien, ce qui n'est pas le
cas de tous ces professionnels qui se lancent dans le métier.
C'est bien fait, bien écrit (un style tendre et efficace),
cela confirme une des phrases comme quoi "Marseille, c'est souvent
comme un décor"… un homme qui, s'il continue sur
cette voie, sera à suivre.