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PERDRE EST UNE QUESTION DE METHODE
Santiago GAMBOA

Traduit de l’espagnol (Colombie)
par Anne-Marie Meunier

Metailié - 282 pages
Victor Silanpa est journaliste à la rubrique des faits divers et détective privé à ses heures. Il vit à Bogota, en Colombie, et sort avec Monica dont il est très amoureux. Le capitaine de police Moya, obèse et bonhomme lui demande de s’occuper du cas d’un cadavre retrouvé empalé. Cette affaire le conduira à rencontrer une ancienne chanteuse devenue directrice d’un club de naturisme, un truand avide d’anis, un fonctionnaire épris d’aventures et beaucoup d’autres encore.

Vous l’avez compris, Perdre est une question de méthode est un roman d’Amérique du Sud, écrit par Santiago Gamboa, né en 1966 et qui a travaillé à Paris, à RFI. Intéressé par le roman d’aventures et le roman policier, Gamboa fait partie de la génération qui suit celle des Garcia Marquez ou des Fuentes. Il n’a pas le goût du délire baroque de ses aînés, mais il crée une littérature nettement moins nombriliste que celle qui a cours sous nos climats.

Chez Gamboa, on trouve quatre à cinq personnages pouvant jouer les premiers rôles. On trouve aussi les confessions du commissaire Moya concernant son appétit gargantuesque. Méfiez-vous de ces confessions. Elles nous entraînent sur des chemins trompeurs.

Gamboa nous décrit un Bogota dons nous n’avons pas l’habitude : une ville où il pleut souvent, où les riches corrompus peuvent avoir des excuses et où la guerre contre les narcotrafiquants n’occupe pas le premier plan.

Le personnage de Victor Silanpa, qui va connaître un réel chagrin d’amour, est à la fois atypique et typique des héros de romans noirs un rien désabusés. Dès le début du roman, nous faisons connaissance avec un homme qui a mal dormi et qui souffre d’hémorroïdes. Ce genre de détails crée immédiatement une fraternité humaine. Comme disait approximativement le détective Philip Marlowe à un fâcheux qui le réveillait le matin : "Je suis vieux, las et décaféiné".

Très émouvant et très humain également ce désarroi de Victor Silanpa quand il comprend qu’il vit avec Monica les dernières heures d’une passion amoureuse.

Bref, si vous avez envie d’aller voir ailleurs et de goûter des plats qui sortent de la tambouille jambon beurre, embarquez dans le Bogota Express.

J’ajoute que Gamboa a récemment publié un autre roman aux mêmes éditions Métailié. Une maison d’édition qui ose s’aventurer dans des domaines inconnus, cela n’est pas si fréquent.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Novembre 2002
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