Pascal
Garnier, au style toujours aussi poétique, vous promène,
entre le lavomatic adoré de son héros et la rivière
au fond du parc de l'hôpital. C'est beau, fort, grand,
comme toujours chez Garnier.
"Comme beaucoup d'autres pensionnaires, Henri avait trouvé
en Marc un interlocuteur idéal puisqu'il ne parlait pas
et ne semblait rien comprendre tout en faisant preuve d'une
qualité d'écoute exceptionnelle. Tous avaient
foi en lui. Il était devenu une sorte de sac à
doléances, un coffre-fort à confessions, une boîte
sans malice dans laquelle chacun se déversait. Ça
ne le dérangeait pas car Marc avait autant de facultés
à recevoir qu'à évacuer. Il était
creux et percé aux deux bouts."
Voici, brièvement (mais c'est la marque de fabrique de
Pascal Garnier) brossée la fin de parcours de Marc, sa
solitude malgré l'argent, ses besoins simples, sa vie
triste. Alternant les scènes à l'hôpital
psychiatrique et les réminiscences de la dégringolade
de Marc, Pascal Garnier au style toujours aussi poétique
vous promène, entre le lavomatic adoré de son
héros et la rivière au fond du parc de l'hôpital.
C'est beau, fort, grand et particulièrement noir vers
la fin, c'est du Pascal Garnier dans toute sa grandeur, une
des plus belles plumes du roman noir français.