Untitled Document
 

     LiVReS
 
ENSEMBLE, C’EST TOUT
Anna GAVALDA

Le Dilettante - 608 pages
Comment résoudre la fracture sociale ? En 600 pages et en aimant ceux qui ne vous ressemblent pas. Être attentif aux autres pour soi-même aller mieux. Anna Gavalda transcende la littérature française.


Tout au cours de notre vie, nous cherchons non seulement un endroit où vivre et un groupe de gens pour partager nos émotions, nos peines autant que nos joies. Si par merveille, nous avons déjà trouvé le lieu et les compagnons, nous redoutons de les perdre car sans eux, la vie s’avérerait dépourvue de sel, de charme et d’attraits.

Voilà de quoi traite le gros roman d’Anna Gavalda Ensemble, c’est tout ! Et voilà de quoi apporter du bonheur en tube au lecteur qui n’en croit pas ses mirettes. Anna Gavalda est une merveilleuse cuisinière qui nous mitonne un plat copieux et sans prétentions. Mais, nom d’une pipe, qu’est-ce qu’on se lèche les babines !

Quatre personnages vont apprendre à se connaître, venant d’horizons dissemblables. Paulette Lestaffier est une vieille dame qui se cogne partout et ne peut plus habiter dans sa maison, à la campagne. Son petit-fils Franck qui travaille dans la restauration et a des horaires insensés doit se résoudre à la placer dans une maison pour personnes âgées, la mort dans l’âme. Franck loue une chambre où il va dormir entre deux services, à Philibert De La Durbellière un noble d’une timidité maladive et passionné par l’histoire de France. Enfin Philibert, va décider d’héberger chez lui Camille Fauque, une jeune femme quasi-anorexique et qui dessine admirablement.

Anna Gavalda brosse le portrait doux-amer d’êtres en déséquilibre voire en souffrance. Contrairement à Justine Lévy ou à 80 % de la littérature française actuelle, elle ne s’ausculte pas le nombril dans l’espoir d’y déceler une pépite d’or. Non, Anna Gavalda regarde et aime ses contemporains.

Elle ne les aime pas bêtement. Elle les aime parce qu’elle leur ressemble. Elle ne les regarde ni d’en haut, ni d’en bas. Elle prend la bonne perspective et nous émeut en décrivant des fêlures qui sont les nôtres.

Et puis Anna Gavalda truffe son livre de références à l’art, qui nous donnent envie de nous plonger dans la correspondance de Vincent Van Gogh ou de relire Brady Udall. Chez elle la culture n’est jamais pédante mais source de partage, d’émotions à donner autant qu’à recevoir.

Un petit bémol (pour jouer au bêcheur) : l’auteur a un don certain pour les dialogues et sur 600 pages, elle a tendance à en abuser.

Sans tenir compte du paragraphe précédent et si vous pensez qu’on est meilleur et plus puissant à deux, à quatre que tout seul, vous aimerez ce roman d’un auteur tellement connu et tellement populaire qu’on pourrait oublier son talent.

Anna Gavalda est comme les vêtements légers au printemps, comme le sourire d’un bébé, elle aide à vivre. Vous pourrez trouver ma comparaison fleur bleue, n‘empêche ! Un peu de bonté n’a jamais fait de mal personne.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Avril 2004
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés