Après
limmense succès de son recueil de nouvelles Je
voudrais que quelquun mattende quelque part, Anna
Gavalda revient avec un premier roman : Je laimais. Et,
malgré les ponts dor des plus grandes maisons dédition,
elle reste fidèle à léditeur qui,
le premier, lui a fait confiance : Le Dilettante.
Dans son style léger, tendre et terriblement efficace,
elle fait dialoguer, dans ce roman, une jeune femme, que son
mari vient de quitter, et son beau-père. Mais plutôt
quà la consolation de lune, cest à
la confession de lautre que lon assiste. Une longue
nuit de confidence au coin du feu et une bouteille de Chasse-Spleen
(le bien nommé) à portée de main, donnent
à Anna Gavalda lopportunité décrire
la plus émouvante des histoires damour. Celle dun
homme dur et secret qui révèle limpensable
: sa passion dévorante pour une femme quil a aimé
en secret des années durant.
Amours impossibles, rencontres brèves, promesses déternité,
petites et grandes lâchetés plus ou moins bien
assumées... Le long monologue de Pierre, relancé,
bousculé, poussé dans ses retranchements par Chloé,
est loccasion dune magnifique mise à plat
de sa vie sentimentale. De la vie en général.
En se gardant de tout pathos ou effet de style outré,
Anna Gavalda touche au cur ses lecteurs avec encore plus
de justesse. Sa manière naturelle et délicate
de faire parler ses personnages de sentiments finalement universels
réussit à émouvoir les moins sensibles.
Par exemple quand elle fait dire à Pierre, qui évoque
sa rencontre avec Mathilde : "Jétais confiant.
Jétais plein dénergie. Je crois que
jétais assez heureux à cette époque
de ma vie parce que même si je nétais pas
avec elle, je savais quelle existait. Cétait
déjà inespéré."
Je laimais est une belle rencontre. Un court roman à
lire lentement, au coin du feu, en sirotant, au choix, un alcool
fort ou un thé brûlant.