Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Cédric Perdereau
Au Diable Vauvert - 494 pages
Quand
un auteur majeur de science-fiction se met au polar, ça
peut donner un roman aussi exceptionnel d'intensité qu'Identification
des schémas. Haletant.
Cayce Pollard est consultante en logos de marque. Cayce est
la meilleure dans sa spécialité : un regard au
logo nouvellement créé et c'est oui ou non quant
à son usage futur. Cayce est adulée des publicitaires
qui se l'arrachent, son avis étant primordial avant de
lancer une campagne. C'est ainsi qu'elle se retrouve à
bosser à Londres pour Blue Ant et son si charismatique
patron Hubertus Bigend. Elle comprend rapidement que si Bigend
l'a embauchée, ce n'est pas que pour son talent : depuis
plusieurs mois traînent sur le net des extraits d'un film
dont on ne sait rien. Quel est ce film ? Les extraits sont-ils
diffusés dans l'ordre ? Qui le réalise ? Où
a-t-il été tourné ? Personne n'en sait
rien et une véritable communauté s'est créée
autour de ce qu'ils appellent "le métrage",
avec forum de discussion et tout le toutim pour tenter de dénicher
l'excellent créateur à la base de tout ça.
Bigend veut le retrouver pour l'embaucher : pour lui cet homme
est un génie du marketing ! Il charge Cayce de le dénicher,
mais rien ne sera simple…
Spécialiste du cyberpunk, William Gibson est une des
plus grandes pointures de la SF. L'homme s'y connaît pour
raconter des histoires et, dans ce polar, il a mis le paquet
tant au niveau de l'intrigue (les phobies de Cayce aux marques
publicitaires, le film culte underground…) que des personnages
ou du rythme (les 150 dernières pages sont ébouriffantes).
Identification des schémas est le genre de roman haletant
qu'on essaye de lire d'une traite et pour lequel on peste lorsque
quelqu'un vous en coupe la lecture. C'est fort, indéniablement…
À lire rapidement.