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LA VILLE DES OMBRES
James GRADY

Traduit de l’anglais (Etats-Unis)
par Jean Esch

Rivages/Noir - 541 pages
Véritable maelström politique, complexe à souhait, où l'on ne sait jamais qui trahit qui, et surtout combien de fois, La ville des ombres est un roman touffu, complexe et endiablant.


Washington, fin de l'année 1968. L'assassinat de Martin Luther King est encore dans toutes les têtes, l'Amérique est en pleine guerre du Vietnam, et le jeune John Quinn sort tout juste diplômé de l'école de police. Une relation de famille lui demande d'enquêter sur une femme disparue… cette histoire le marquera à jamais. Deux an plus tard, il n'est plus que Q, transformé en hippie, pour infiltrer les milieux contestataires, et il commence à entre-apercevoir les rouages de l'espionnage. "Ce que je sais maintenant, c'est qu'il y a des secrets derrière la réalité des choses. Des mensonges à l'intérieur de la vérité. Des règles à l'intérieur des règles". Il sera amené à rencontrer Nathan Holloway, ancien marine, pour qui la vie se résume à "Comment, pas pourquoi". Holloway est chargé d'espionner la Maison-Blanche pour le compte du Pentagone, "Encore plus top secret que tu puisses l'imaginer. Ici la pire chose que tu puisses faire, c'est d'en parler à quelqu'un. Si tu fais ça, tu n'auras même pas à craindre de passer en cour martiale." Tous deux croiseront Vaughn Carter, idéaliste travaillant au service d'un Sénateur membre de la sous-commission des enquêtes permanentes. Carter l'assiste et, dans ses démarches, il "cherche à voir la réalité des choses, c'est tout."

Ces trois hommes se retrouveront en plein milieu de l'œil d'un cyclone politique encore plus vaste que le Watergate… et auront bien du mal à s'en sortir.

Comme le dit Quinn, "Tout ça me dépasse", et il n'est pas le seul… Véritable maelström politique, complexe à souhait, où l'on ne sait jamais qui trahit qui, et surtout combien de fois, La ville des ombres est un roman touffu, complexe et endiablant. Dans la droite lignée d'Ellroy (qui apprécie l'auteur, et ça se comprend, ils font exactement la même chose tous les deux), ces 470 pages vous aspirent, vous broient et vous laissent pantelant… aucune issue heureuse n'est possible, l'âme humaine étant définitivement corrompue.


Christophe Dupuis
© Jowebzine.com - Juin 2005
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