Véritable
maelström politique, complexe à souhait, où
l'on ne sait jamais qui trahit qui, et surtout combien de fois,
La ville des ombres est un roman touffu, complexe et endiablant.
Washington, fin de l'année 1968. L'assassinat de Martin
Luther King est encore dans toutes les têtes, l'Amérique
est en pleine guerre du Vietnam, et le jeune John Quinn sort
tout juste diplômé de l'école de police.
Une relation de famille lui demande d'enquêter sur une
femme disparue… cette histoire le marquera à jamais.
Deux an plus tard, il n'est plus que Q, transformé en
hippie, pour infiltrer les milieux contestataires, et il commence
à entre-apercevoir les rouages de l'espionnage. "Ce
que je sais maintenant, c'est qu'il y a des secrets derrière
la réalité des choses. Des mensonges à
l'intérieur de la vérité. Des règles
à l'intérieur des règles". Il sera
amené à rencontrer Nathan Holloway, ancien marine,
pour qui la vie se résume à "Comment, pas
pourquoi". Holloway est chargé d'espionner la Maison-Blanche
pour le compte du Pentagone, "Encore plus top secret que
tu puisses l'imaginer. Ici la pire chose que tu puisses faire,
c'est d'en parler à quelqu'un. Si tu fais ça,
tu n'auras même pas à craindre de passer en cour
martiale." Tous deux croiseront Vaughn Carter, idéaliste
travaillant au service d'un Sénateur membre de la sous-commission
des enquêtes permanentes. Carter l'assiste et, dans ses
démarches, il "cherche à voir la réalité
des choses, c'est tout."
Ces trois hommes se retrouveront en plein milieu de l'œil
d'un cyclone politique encore plus vaste que le Watergate…
et auront bien du mal à s'en sortir.
Comme le dit Quinn, "Tout ça me dépasse",
et il n'est pas le seul… Véritable maelström
politique, complexe à souhait, où l'on ne sait
jamais qui trahit qui, et surtout combien de fois, La ville
des ombres est un roman touffu, complexe et endiablant. Dans
la droite lignée d'Ellroy (qui apprécie l'auteur,
et ça se comprend, ils font exactement la même
chose tous les deux), ces 470 pages vous aspirent, vous broient
et vous laissent pantelant… aucune issue heureuse n'est
possible, l'âme humaine étant définitivement
corrompue.