Attendu
et annoncé comme le thriller de l’été,
le nouveau Jean-Christophe Grangé déçoit,
non par manque d’intérêt, mais par excès
de détails macabres…
Comme tous les accros au style Grangé, un an et demi
après avoir dévoré L’empire
des loups, j’attendais fébrilement la sortie
de La ligne noire. C’est donc avec une certaine excitation
que je me suis précipitée chez mon libraire pour
me procurer l’ouvrage tant attendu et que je m'y suis
plongée sans attendre. Malheureusement, l’engouement
des opus précédents n’était pas au
rendez-vous…
Dans ce roman se côtoient des personnages meurtris, pourchassés
par leur passé. A commencer par Marc Dupeyrat, journaliste
à la dérive, qui cherche à comprendre ce
qui pousse les criminels à tuer, une quête qui
le conduira jusqu'en Asie du Sud-Est sur les traces de Jacques
Reverdi, champion d’apnée et tueur en série.
Marc Dupeyrat croisera aussi le chemin de Khadija, une jeune
mannequin hantée par le souvenir de ses parents toxicomanes.
Surtout, dans cette quête de vérité sur
le tueur, Marc Dupeyrat utilisera tous les moyens pour se rapprocher
de Reverdi jusqu’à perdre toute identité…
Ce n’est pas dans l’intrigue - somme toute assez
bien ficelée - que se tient l’objet de ma désaffection,
mais dans le style choisi par Jean-Christophe Grangé
pour la mettre en scène. L’auteur est précis,
clinique, les descriptions de scènes de crimes sont crues,
insoutenables, à la limite de l’écœurement.
Certains passages sanguinolents mettent mal à l’aise
le lecteur qui devient l’objet d’un voyeurisme morbide.
Au fil de la lecture, une question émerge : mais qui
est Jean-Christophe Grangé et comment peut-il imaginer
de telles atrocités ? Question qui, bien sûr, restera
sans réponse, mais l’auteur aura eu au moins le
mérite de nous glacer d’effroi.