Vous
ne connaissez peut-être pas Jean-Christophe Grangé,
mais vous avez sûrement entendu parler de son second roman
: Les Rivières Pourpres, récemment adapté
au cinéma par Mathieu Kassowitz.
Ce jeune écrivain français de 38 ans est souvent
comparé à Stephen King : même recherche
du suspense, même don pour faire haleter le lecteur du
début à la fin, mêmes descriptions ultra-réalistes,
qui les rendent si facilement adaptables au cinéma. Mais
la comparaison sarrête là. On est loin, en
effet, du style efficace et redoutable de lauteur américain.
La preuve, c'est que Jean-Christophe Grangé est lécrivain
français préféré de Patricia Cornwell,
essentiellement pour son goût du macabre, de la violence
et de lésotérisme, éléments
récurrents de ses romans.
Le Vol des Cigognes est fait de ces mêmes ingrédients
: héros mystérieux et solitaire, lourd secret
du passé, meurtres horribles, mutilations, trafics en
tout genre. On est bel et bien dans lunivers du thriller
à langlo-saxonne. Le tout est construit comme un
scénario de film, et avance à cent à lheure,
à l'image de son héros qui court dEurope
en Turquie, de Turquie en Israël et en Centrafrique.
On peut regretter le style parfois un peu forcé ou ampoulé
("Le ciel ouvrait des profondeurs noires et bleuâtres,
où saillaient des éclats translucides") qui
colle assez mal à la cruauté des propos qui suivent.
Comme pour rappeler quil sagit bien dune uvre
littéraire et non dun synopsis, ce dont on doute
parfois
Ou peut-être s'agit-il d'une astuce destinée à
nous faire visualiser les beautés de la nature pour mieux
nous faire retomber brutalement dans lhorreur créée
par lhomme ? Et le contraste entre le vol calme et harmonieux
des cigognes et les meurtres en série est en effet saisissant.