A
QUI LA FAUTE ?
Un roman trouble à l'ambiance moite et lourde. Surtout,
un roman bien écrit qui captive son lecteur dès
la première ligne.
"Corinna Lotus Martini ne fut pas assassinée par
vengeance, ni par passion, ni par cupidité, mais bien
par haine"… En témoigne l'état du cadavre,
crucifié et mutilé. Ce meurtre va bouleverser
bien des vies, en particulier celles d'Alfiero Falliverni et
de son frère Aleardo. Alfiero, professeur renommé
d'histoire moderne, était l'amant de Corinna. Il est
le dernier à l'avoir vu vivante… Belle et bien
vue, d'ailleurs, vu qu'il affirme l'avoir quittée après
s'être disputé avec elle… Pour la police,
il n'en faut pas plus pour penser que dispute égale frustration
et frustration égale meurtre… Et voilà notre
homme inculpé… Seul son frère, avec qui
il n'avait que peu de relations, le croit innocent et va tenter
de le disculper.
"Mais comme l'histoire d'Alfiero et de sa transformation
est longue et passablement complexe, comme toutes les histoires
de mort violente avec les châtiments qui s'en suivent,
les conséquences de la faute et de ses significations
possibles intervenant à la fin ou au début, elle
sera racontée dans l'ordre et en tenant dûment
compte de l'opinion de tous les protagonistes"… Dès
le premier chapitre, l'histoire est posée, ensuite, Laura
Grimaldi reprend le cours des choses, fouillant ses personnages,
développant leurs relations, leurs questionnements et
mutations.
L'ambiance moite et lourde de la ville rend le livre encore
plus oppressant. Le tout est particulièrement bien écrit,
c'est une réussite.