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LES FILLES N’EN MENENT PAS LARGE
Sparkle HAYTER

Traduit de l’anglais (Canada)
par Joëlle Touati

J’ai Lu - 285 pages
Vous avez un voyage en train à effectuer, un trajet qui ne dure pas plus de deux heures ? N’hésitez pas à emporter avec vous Les filles n’en mènent pas large de Sparkle Hayter. C’est le type même du roman qui ne vous donne pas de maux de tête et qui vous procure un plaisir aussi fugitif qu’une bouffée de parfum.

En fait, si vous voulez lire un livre qui ne vous laissera aucun souvenir, vous pouvez acheter en librairie n’importe quel roman français paru ces derniers mois. On vous y parlera de bouffe, de sexe, de papa, de maman, parfois de tous ces sujets mixés en un seul. Et au bout du compte, vous aurez l’impression d’avoir été invité à un dîner sans qu’on ne vous tende aucun des plats. Sparkle Hayter est plus sympathique. Elle ne prétend pas vous cuisiner du Bocuse. Réfrénez vos ardeurs et vos appétits trois étoiles. Vous aurez droit à un bagel new-yorkais avec tranche de pastrami. En plus, vous ne serez pas ballonné et vous pourrez manger correctement au repas suivant.

Sparkle Hayter, notre modeste cuisinière du jour, est née en 1958 en Colombie-Britannique (au Canada). Elle a été reporter à CNN et a monté des spectacles comiques.

Premier opus des aventures de Robin Hudson, Les filles n’en mènent pas large nous présente une héroïne atypique. Robin a 35 ans, elle est rousse, séparée de son mari et journaliste à ANN, chaîne d’information en continu. Elle est aussi gaffeuse, du genre à roter en direct au moment où elle pose une question au porte-parole de la Maison-Blanche. Elle est cantonnée dans un service où elle doit enquêter sur les dons de sperme. Comme toutes les personnes normalement constituées, elle attend l’amour et espère des relations sexuelles satisfaisantes. Un détective privé la contacte afin de lui révéler de croustillants secrets qu’il espère monnayer... Il lui donne rendez-vous dans l’hôtel où ANN fête le réveillon du nouvel an.

Vous n’avez pas besoin d’en savoir plus. Avant de vous laisser prendre par le ton du récit, sachez que ce ton, cet esprit justement, fait tout le charme de la narration. Les Anglais appellent cela the witt. Et du witt, Sparkle Hayter en a à revendre.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Février 2003
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