Traduit de l'anglais (Etats-unis)
par Danièle et Pierre Bondil
Rivages - 194 pages
Le
cochon sinistre prouve au moins une chose : c'est qu'en vieillissant,
Tony Hillerman est un auteur qui se bonifie encore, si tant
est que cela soit possible !
"Je ne suis pas toujours aussi précautionneux, poursuivit
Dashee, mais nous avons probablement affaire à un homicide
volontaire perpétré sur la Réserve Navajo,
ce qui signifie que le FBI va prendre la direction de l'enquête
aussitôt que quelqu'un les en aura avertis et, si elle
s'avère difficile, il leur faudra un bouc émissaire
ultérieurement, quand ils auront foiré dans les
grandes largeurs. Je ne tiens pas à ce que ça
retombe sur l'agent Cowboy Dashee. J'ai déjà donné
quand j'étais adjoint du shérif"…
Il n'a pas tort Cowboy Dashee, le FBI va débarquer pour
s'intéresser à cet homme mort d'une balle dans
le dos à la lisière de la Réserve Navajo
et de la Réserve Apache Jicarilla… Mais ils vont
bien vite tenter d'étouffer l'affaire. Ce qui ne va pas
être du goût de Jim Chee…
Plus Tony Hillerman vieillit, meilleur il est (mais il a toujours
été bon, c'est vous dire). Avec ce cochon sinistre,
il offre un récit plus musclé, moins ancré
sur les terres navajos et plus éloigné de leurs
coutumes qu'habituellement. L'intrigue est parfaitement ficelée,
Jim Chee toujours en proie à ses démons amoureux,
le Légendaire lieutenant Joe Leaphorn plus roublard que
jamais : c'est un régal, un régal !