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LES LOIS DE L’HEREDITE
Laura HIRD

Traduit de l’anglais par Alain Defossé

Le Serpent à Plumes - 378 pages
C’est l’histoire d’une famille écossaise où chacun ne pense qu’à soi. Un premier roman aussi drôle qu’angoissant.


Rien ne va plus dans la famille Scott. Digne représentante de la petite bourgeoisie d’Edimbourg, Ecosse. Le père, Vic, est conducteur de bus et depuis qu’il prend du prozac, il n’a plus d’érections. Sa femme, Angie, le traite comme un chien. Il faut dire qu’Angie a des problèmes avec l’alcool. Elle en pince pour son patron qui tient une officine de paris. Elle a autant de désirs sexuels que d’envie de se boire un godet. Alors, vous comprenez, il n’y a pas beaucoup de temps ou de volonté pour s’occuper des enfants.

Les enfants, ils sont deux. Joni a bientôt 16 ans et le feu au cul. Elle ne pense qu’à perdre sa virginité. Jake a 14 ans. Il se fait tabasser au lycée et lui aussi, ne pense qu’au sexe. Ajoutons au tableau, une chienne qui s’appelle Jan en hommage à la première femme que Vic a aimée.

Vous l’aurez compris. Il s’agit d’un roman où les hormones tiennent une grande place. On s’y masturbe beaucoup mais à la différence des romans français, ce sont les personnages qui sont onanistes pas les romanciers. Cette famille a tous les éléments en main pour voler en éclats. Que va-t-il se passer ?

Laura Hird a écrit son livre en se mettant à la place de chacun de ses personnages. On passe de Vic à Joni, de Jake à Angie. Tous parlent à la première personne du singulier et au présent, apportant une énergie que Laura Hird relaie avec son humour et son désespoir tonique. Plus on avance dans la lecture de ce livre, plus on se demande jusqu’où l’auteur va nous entraîner… On se dit que non, ce n’est pas possible ! Mais c’est justement parce que l’auteur ose des choses insensées qu’elle nous les rend parfaitement crédibles. De même que sont crédibles chacune des voix du roman.

Et puis Laura Hird ne juge pas. Elle porte sur le monde un regard de compassion. La fin du roman, à cet égard, est d‘une belle ambiguïté. Chacun l’interprétera selon son état d‘esprit. Est-ce bien ou est-ce atroce ? À vous de trancher.

Le titre original de ce roman est Born free, le titre d’une chanson. Le roman aurait gagné à s’appeler Né libre car ce titre est d’une ironie suprême par rapport au sujet du livre. On ne naît libre que dans les chansons.

Il faut absolument lire ce premier roman. Laura Hird née en 1966 a déjà publié un recueil de nouvelles. Elle vit à Edimbourg et se consacre à l’écriture après avoir exercé un nombre incroyable de petits boulots. Tant que vous y êtes, surfez sur le site de la dame : www.laurahird.com, vous y découvrirez une femme ouverte sur le monde et un des sites d’écrivains les plus complets qu’on puisse rencontrer.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Novembre 2003
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