Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Stéphane Carn et Catherine Cheval
Rivages - 328 pages
Une
superbe fresque noire qui nous plonge au cœur du Cincinnati
des années folles et de la prohibition pour un procès
retentissant que Craig Holden transforme en roman captivant.
Octobre 1927, Cincinnati. Georges Remus, ancien brillant avocat
ayant tourné bootlegger, tue sa femme Imogène
d'un coup de revolver à Eden Park, alors que cette dernière
se rendait au tribunal pour leur divorce. L'affaire fait grand
bruit, le procès est vite étiqueté "procès
du siècle", Remus, surnommé "le roi
des bootleggers" étant une des personnes "incontournables"
de Cincinnati. C'est Charlie Taft, fils de William Howard Taft,
l'ancien Président des Etats-Unis qui sera le procureur
de l'affaire qui s'annonce épineuse, d'autant plus que
Remus a décidé d'assurer sa propre défense.
Taft sera aidé par Franck Dodge, agent du ministère
de la justice, qui traque Rémus depuis des années
pour violation des lois sur la prohibition et qui voit là
une bonne occasion de le mettre une fois pour toutes sous les
barreaux.
"Avez-vous réfléchi aux mobiles - ceux de
Remus, j'entends… A votre avis, qu'est-ce qui a pu le
pousser ?" C'est placé sous cette réflexion
que Taft va tenter de reconstituer le puzzle de la vie des époux
Remus, "le couple le plus en vue de la ville de Cincinnati".
Ceci l'amènera à s'intéresser de près
à l'étrange et attirante Imogène Remus,
"Lady Jazz", qui se révèlera être
aussi intrigante que surprenante.
Portrait d'une époque, construit par petites touches
dévoilant les deux époux et habilement mené,
Lady Jazz est une grande fresque noire. Captivant (tout va en
se complexifiant, la procédure est omniprésente,
avec les angoisses du procureur qui ne veut pas louper son affaire,
celles du flic qui veut absolument faire tomber Remus…),
tiré d'une histoire qui a défrayé la chronique
des années 20 (l'auteur s'en explique à la fin),
ce roman se lit d'une traite, happant le lecteur et le plongeant
dans le mystère et le faste de la prohibition.