Dans
le quartier de Thusöld, une nouvelle extension de Reykjavik,
en direction du lac de Reynisvatn, un os humain est trouvé
par un gamin dans les fondations d'un bâtiment en construction.
La police, dépêchée sur les lieux, trouve le cadavre,
qui, à première vue, a l'air d'être là
depuis soixante-dix ans. Médecin légiste et archéologues
vont se charger de son extraction pendant que le commissaire Erlendur,
ses collègues Elinborg et Sigurdur Oli (rencontrés pour
la première fois dans La cité des Jarres, chez le même
éditeur), vont commencer à chercher dans les dossiers
des disparitions pendant les années 30-40.
Rien ne sera simple pour Erlendur dont les relations toujours aussi
tumultueuses avec sa fille, vont se continuer à l'hôpital.
Cette dernière est dans le coma suite à une fausse couche
compliquée, et le commissaire en la veillant tous les jours,
se raconte…
En toile de fond, une histoire sordide d'une femme battue par son
mari, dans une maison délabrée, en haut d'une colline
de Reykjavik, dans les années 50.
Ce deuxième roman d'Arnaldur Indridason est très dur.
Froid, glaçant par moments, il alterne trois récits
dont aucun n'est plus réjouissant que les autres.
Belles restitutions des sentiments des personnages, psychologies et
comportements travaillés (on tremble pour certains par moments),
difficultés des relations familiales d'Erlendur dont la fille
se détruit sciemment sans qu'il puisse arriver à y faire
quelque chose… c'est impressionnant. Indridason mène
son histoire avec brio, le rythme s'accélère sur la
fin lorsque les deux récits se rejoignent, embarquant le lecteur,
c'est vraiment puissant.